Dimanche 21 février 2010.
La Paz, Bolivie.
Je suis partie hier matin de Puno longeant le majestueux lac Titicaca direction la frontière bolivienne!
Et plus exactement pour la ville de Copacabana (eh non rien à voir avec la plage du Brésil, je ne suis pas arrivée si loin dans mon voyage!!).
Copacabana étant ma dernière étape au bord du lac.
Arrivés la frontière, nous devons descendre du bus et continuer à pied en passant à travers un grand arc de pierre marquant ainsi la frontière entre le Pérou et la Bolivie.
Le poste frontalier est une vraie blague. Aucune question . Un tampon sur le passeport et c'est réglé.
Nous remontons dans le bus, Copacabana est juste à 8 kilomètres. Une fois arrivée, je me mets en quête d'une pension pour la nuit. La rue la plus proche de la station de bus est une rue
touristique, les prix sont élevés et le nombre de gringos au mètre carré aussi. Enfin, quand je dis que les prix sont élevés c'est relatif. 50 bolivianos soles ( 5 euros).
Je cherche un peu moins cher. Je trouve dans une petite rue à l'écart du centre une pension et me trouve une chambre pour 25 bolivianos avec salle de bain privée! ( 2,50 euros!!). Oui le ton est
donné, voyager en Bolivie ne cassera pas ma tirelire. Pour vous donner une idée du coût de la vie, ici on peut bien manger pour environ un euro.
Je vais me promener un peu dans la ville. C'est jour de fête une fois encore, les gens du village sont pour la plupart habillés de leurs plus beaux costumes de carnaval, de couleurs vives avec des
broderies argentées, de grands chapeaux.

Ils dansent , courent tous à la file indienne en chantant ou en poussant des cris de joie. Ce n'est pas un mythe les latinos ont le sens de la fête. Il y a des stands où certains
s'improvisent DJ pour faire danser les gens sur un son saturé sortant de vieilles enceintes bidouillés qui grésillent et des groupes de Cumbia ( musique rythmée d'Amérique Latine) sur des petites
scènes interprétant chansons d'amour mélodramatiques ( tellement latino! ). Hommes et femmes bières à la main en train de faire la fête sur la grande place. Même les femmes au fameux chapeau melon
sont saoules. J'avais dans l'idée d'être dans un pays macho donc surtout des hommes qui boivent en public sans aucune modération. Que nenni les femmes aussi...!!
Ce matin, je prends un bus pour La Paz. En effet j'aurais pu rester à Copacabana un petit peu, visiter l'isla del sol qui est apparemment le berceau de la culture Inca car ce serait là que le
premier inca serait apparu comme par magie!
Mais j'ai plongé dans la lecture du guide sur la Bolivie la veille et je me suis dit que je devais aller un peu plus à l'essentiel pour voir vraiment tout ce que je voulais voir. Il me reste 44
jours pour faire la jungle, quelques villes en Bolivie comme Cochabamba, Sucre, le salar d'uyuni, le sud Lipez, revenir par le nord du Chili et son désert d'Atacama, repasser par Arequipa puis
Cuzco, peut-être Macchu picchu s'il est réouvert (et si j'ai encore de l'argent surtout), puis repartir le 6 avril à Lima. Beaucoup de choses merveilleuses à découvrir encore donc et le temps qui
court à une folle allure!!!!!!
Je pars donc de Copacabana.

Nous longeons encore le lac tellement grand qu'on dirait une mer par certains endroits !
On nous fait descendre du bus car nous devons traverser le lac et un genre de petit détroit. Je prends donc une petite barque à moteur pour me rendre de l'autre côté. Quant à notre bus, il est sur
un genre de grand traversier en bois muni de vieilles planches pourries...Épique!!! Mais ça marche!!
Ici les gens sont les rois du bricolage en tout genre. Je pense que c'est quelque chose de commun dans les pays en voie de développement. j'avais dèja pu observer ça au Maroc également. On
récupère des tas de trucs on fait du temporaire et du fonctionnel avec du vieux. Tant que ça fonctionne , c'est ce qui compte. Et on se soucie peu de la sécurité. Non , disons qu'on n'a peut-être
pas la même notion de la sécurité ou tout simplement qu'on n'a pas les mêmes moyens pour rendre les choses sécuritaires alors on fait avec ce qu'on a. Ce qui me fait dire qu'en occident, on est
bien trop prudents! c'est comme la conduite ici , le clignotant ne sert à rien. On klaxonne pour dire qu'on est sur le point de faire quelque chose. Mais quoi? Tourner or not tourner, telle est la
question. Et ça semble très bien fonctionner comme ça.
Nous remontons tous dans le bus après la traversée du lac. Après deux heures de route, nous longeons la cordillera Real...Magnifique!
L'arrivée à La Paz ( ''la Paix'' en espagnol) est des plus impressionnante aussi. Nous arrivons donc par le haut de la Paz par la ville d'El Alto ( Le haut).

La Paz...Capitale la plus haute du monde, 830 000 habitants. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre...j'ai entendu dire qu'il y avait énormément de criminalité et qu'il fallait donc être un peu
plus à l'affût...Comme d'habitude je ne me fierai qu'à ma propre expérience de La Paz.
Premières impressions...C'est une ville énooooooorme!!!! Et LA PAZ n'a absolument rien de paisible. Une véritable fourmilière. Ici les combis, colectivos et autres moyens de transports en commun
comme les micros ( vieux bus colorés) sont les rois de la route.


Les passants essaient de se frayer un chemin comme ils peuvent, des policiers font un semblant de circulation, et des zèbres aussi, pour sensibiliser la population au simili code de la
route qu'il reste dans le quotidien des sud-américains, parce que pour traverser c'est vraiment l'anarchie complète!
Je descends de mon bus, je repère ma pension ( 2 euros en dortoir). Un vrai repère de backpackers du monde entier. Beaucoup de français, et de japonais surtout. Apparemment pour les français,
le Pérou et la Bolivie sont des destinations '' à la mode'', j'en rencontre beaucoup plus que dans mes autres voyages. Beaucoup d'argentins aussi ce qui m'aide à me familirariser avec leur accent
et par la même occasion me donne davantage envie d'y aller un jour!
Demain, je retrouve ma pote française (Lise) que j'avais rencontré à Arequipa au monastère Santa Catalina et revu à Puno. Nous nous suivons...
22 février 2010, La Paz.
Je retrouve Lise. Nous déambulons dans ce qu'ils appellent '' Le marché aux sorcières'' , sorcières qui en fait sont des vendeuses de plantes aux effets thérapeutiques, de potions, de foetus de
Lama séchés et autres choses non-identifiables...
Puis la rue de l'artisanat. Artisanat qui ressemble à l'artisanat péruvien. Bonnets, lyiglias, poupées en tissus et en laine, bracelets en cuir, bijoux en argent aux motifs andins, vêtements
en laine d'alpaga pour les petits et les grands, vendeurs de pierres fossilisées.
Beaucoup de mendicité dans les rues. Surtout des viellards...Et surtout des vieilles femmes venant de la pampa qui sont venues en ville pensant qu'elles gagneraient mieux leur vie ici.
A la Paz, on trouve de tout!!! Plein de petites échoppes le long des trottoirs, CD, DVDs piratés, pizzaiolos, objets de contre-façon, vendeurs de stylos, d'agendas, de semelles de chaussures,
de carte mémoire pour appareil photo, de clefs USB, de revues, de peluches quelques peu défraichies, de cigarettes, de bonbons, de chewing-gums, de maïs et haricots grillés, vendeurs de potions
énergisantes à base de plantes ou racines macérées, de cosmétique, de jus d'orange, de soupe, d'empanadas fourrés à la viande ou légumes que les gens entassés tout autour du stand mangent debout
sur le pouce...

...des gens se font cirer les chaussures par des jeunes cagoulés ( ce sont pour la plupart des jeunes qui font ça pour payer leur école ou aider leur famille et ils se cagoulent pour
éviter d'être victime de discrimination sociale envers leurs camarades d'école notamment)
...et aussi des vendeurs d'appels téléphoniques. En effet, ici il est très courant de voir des petites échoppes qui font office de téléphones publiques. On appelle ça ''les llamadas'' ( appels). On
paye donc une petite pièce en échange d'un appel. Très pratique!
Et aussi.. une vente parallèle à tout ça et non des moindres en Amérique du sud comme vous pouvez vous en douter... Les vendeurs de cocaïne...Qui ne s'affichent pas, qui sont discrets mais qui sont
bien là , partout. dans les restaurants, dans la rue et les commerces.
Vente de cocaïne qui est tout à fait illégale ici mais plus ou moins tolérés par les autorités à condition de verser un petit bakchich aux policiers sous-payés et donc corrompus jusqu'à l'os
si vous êtes pris en détention de coke sur vous... En effet...La Bolivie, 3ème pays grand exportateur de cocaïne après la Colombie et le Pérou. À la base la coca est une feuille à mâcher ou à
infuser pour éradiquer ou rendre un peu plus supportable le mal des montagnes, tout à fait légal et inoffensif, il servait d'anesthésiant déjà chez les incas lors des trépanations ou
opérations alors qu'en occident nous en étions encore à donner de grands coups sur la tête pour assomer la personne qui allait subir une chirurgie.
Mâcher la feuille de coca aide apparemment l'oxygénation, a des effets relaxants, et est très nutritive. Un genre d'adaptateur naturel à la vie en altitude.
Quand les espagnols sont arrivés, ils ont interdit la mastication de la coca, car la coca aussi représente un moyen de rentrer en contact avec le monde des morts, et était donc un frein à
l'évangélisation de certains indiens.
Néanmoins , les conquistadors se sont rendus compte que sans la feuille de coca les andins travaillaient moins bien, ils ont donc instauré un système de paye à la feuille de coca selon
l'effort fourni au travail. ( Pfff )
Jusqu'à la fin du 19ème siècle la cocaïne était légale en occident étant utilisé comme anesthésiant en pharmacologie.
J'ai appris aujourd'hui en visitant le musée de la Coca que freud est le premier cocaïnomane recensé de l'histoire et qu'il en a même fait un cancer du nez .
Apparemment de ce que j'ai pu observer ou de ce qu'on m'a raconté, ce sont surtout les gringos qui en achètent car ici ça ne coûte trois fois rien. Et apparemment, il est très facile de s'en
procurer. Personnellement, c'est un monde qui est très loin de moi et qui me met très mal à l'aise.
En effet, certains ados ici préfèrent vendre de la coke plutôt que de faire des études parce que c'est évidemment bien plus lucratif...
C'est pour cela aussi qu'il me faut faire attention avec qui je voyage. Imaginons que je voyage avec quelqu'un qui en porte sur lui, que je ne suis pas au courant du tout, un flic nous contrôle, il
ne fera sûrement pas la distinction entre le porteur de coke et moi qui n'achète ni ne consomme cette saloperie.
Et des fois ce ne sont pas les plus marginaux au niveau look qui en consomment le plus!! C'est aussi ça la réalité du pays.
Malgré ça il semblerait que le gouvernement lutte contre les narco-trafiquants. Lutter jusqu'à quel point je ne sais pas...Il doit bien y en avoir qui se graissent la patte au passage?!
Ici la peine encourue pour détention de cocaïne est de 8 ans de prison ferme. Je ne comprends pas trop cette prise de risque, ces soit disant quelques minutes de plaisir contre 8 ans
d'emprisonnement dans des geoles sûrement sordides d'Amérique du sud !!
Drôle de paradoxe...Souvent l'occident montre du doigt les pays producteurs et exportateurs de cocaïne et leur font soit disant la morale, mais s'il n'y avait pas autant de demandes de nos
pays, des touristes occidentaux, ce marché s'effondrerait sûrement...Les enfants iraient sûrement davantage à l'école. Parce que de ce que je comprends ici ce sont surtout les occidentaux qui en
consomment le plus. au musée j'ai appris que les états-unis qui ne représentent que 5% de la population mondiale représentent aussi 50% des consommateurs de cocaïne au monde... Quel
business sordide...Je vous laisse méditer là-dessus...
Malgré tous ces aspects peu reluisants de La Paz, ça reste une ville effervescente et intéressante à visiter. Nous avons donc visité avec Lise le musée de l'ethnologie et du folklore bolivien. Un
petit musée très bien fait sur la technique ancestrale de la céramique andine, des masques de carnaval, des costumes traditionnels...
Marcher dans les rues en pente du centre de La Paz est un vrai régal. Tellement de choses à voir, à faire, à visiter, à sentir, à goûter...et tous ces gens pressés qui s'entrechoquent, se
croisent, les rabatteurs des combis qui crient le tarif et la destination du combi tous en coeur, les vendeurs de rue, la mélodie des klaxons, le bruit des vieux moteurs et de
boîte de transmission des Micros, les musiques latines qui s'échappent des restaurants ou des taxis...si vous êtes de nature agoraphobe oubliez La Paz en tout cas!
Mardi 23 février 2010.
Je retrouve une fois de plus Lise, et nous dirigeons en colectivo dans le sud de la ville, 600 mètres plus bas pour marcher dans la vallée de la Lune. Je ne sais pas si la lune ressemble
vraiment à ça, mais les formations de roches argileuses sont des plus étranges.

La couleur blanchâtre contrastant avec les montagnes rouges et vertes entourant le site donne un petit côté irréel et décors de cinéma.
Nous revenons ensuite dans le centre de La Paz, ou comme à l'habitude , une fois par jour nous avons le droit à notre orage , ondée, grêle. C'est comme ça depuis que je suis en altitude.
Je me suis renseignée aujourd'hui pour aller dans l'Amazonie.
Deux choix s'offrent à moi si je décide d'y aller. Prendre la fameuse '' route de la mort'' qui est en fait une piste partant de La Paz, piste creusée dans la montagne faisant 3,50 de large au bord
d'un précipice pouvant atteindre 600 mètres de profondeur.
Certains la descendent en vélo en partant de la cordillère jusqu'au village de Coroico. Partant à plus de 4500 mètres jusqu'à environ 1500 mètres d'altitude. Ils appellent ça '' la route le plus
périlleuse du monde. et pour cause, environ 60 autobus par an finissent dans le ravin, à cause surtout de chauffeur saouls ou trop fatigués pour faire le chemin la nuit. Depuis quelques temps, ils
ont creusé un autre chemin sur l'autre côté de la montagne, goudronné , plus long mais moins dangereux.
En ce qui me concerne donc, en sachant tout ça et détestant rouler au bord des ravins, même si c'est un chemin très emprunté chaque jour, j'opterais bien pour la voie des airs. Prendre un vol
intérieur en petit coucou à hélice ( décidément moi qui déteste l'avion, il me semble qu'après ça je ne pourrais plus en avoir peur!!), un petit avion donc partant de La Paz jusqu'à Rurrenabaque
dans le bassin amazonien à l'entrée du parc national Madidi. 45 minutes de vol au lieu de 21 heures de bus (et encore 21 heures quand tout se passe bien c'est à dire sans panne, sans crevaisons,
sans pluie diluvienne pouvant causer éboulements et glissements de terrain et autres ...) j'ai lu qu'à Rurrenabaque, il était possible donc de loger dans la jungle, et de faire des excursions du
style débusquer accompagnés de guide du coin, des anacondas ainsi que pêcher des piranhas, découvrir la faune et la flore amazonienne à bord d'une barque à moteur voguant sur une rivière marron
infestés de caïmans. Très exotique tout ça!!
Et je vous rassure, tout à fait sécuritaire car c'est un coin très touristique. Cela va me permettre aussi d'aller chercher un peu de chaleur...Et aussi de me faire dévorer par les moustiques
voraces à cette période.
Mercredi 24 février 2010.
Lise et moi partons à la recherche d'un mirador sur les hauteurs de La Paz pour voir toute l'étendue de la capitale. Prendre le bon colectivo a été une aventure en soi, du style ''pékin express'',
à faire des grands signes pour arrêter tous les colectivos et demander où ils s'arrêtaient. Et je peux vous dire il y en a un tas de colectivos du style westfalia ( petites camionettes wolkswagen)
pouvant embarquer 9 à 12 personnes serrées comme des sardines.
Ils nous laissent au bord de l autoroute, dans un virage, que nous devons traverser pour nous rendre au mirador de l'autre côté.
La vue est splendide. Du mirador on peut voir aussi le sommet enneigé du Huayna Potosi. Le Huayna Potosi ( 6088 mètres) qui tranche avec le vert tendre de la pampa. Parait-il que ce volcan est très
accessible pour les alpinistes débutants. Non...Si certains se posent la question, je ne le gravirai pas...Mon goût du challenge a ses limites!
Nous redescendons, avec un autre colectivo au chauffeur qui ne lésine pas sur l'accélérateur.
De retour dans le centre de La Paz, nous nous dirigeons vers la rue coloniale, la Calle Jaen ( calle = rue), une rue étroite avec des maisons de toutes les couleurs.
Demain, je devrais aller visiter le site archéologique de Tiwanaku!
''Au revoir...à Bientôt...''
Émilie ;-)
L'étudiante en anthropo que j'ai rencontré voilà 7 ans a trouvé sa place, dans la pratique et non sur les bancs!
Faudrait suggérer ce nouveau style de voyage à la chaîne Explorer (c'est l'occidental qui parle!), je suis sûr que tu aurais beaucoup de côte d'écoute!!!
Bises