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Dimanche 14 février 2010,
Puno, lac Titicaca.
Je prends un autobus direction Puno. Je quitte Arequipa et les amis arequipenos rencontrés là-bas avec un petit pincement de coeur. Mais je dois continuer ma route vers le sud.
Nous réempruntons un peu la route du canyon del Colca mais cette fois-ci donc en direction du mythique lac Titicaca ( Titi Khar'ka qui signifie en langue Aymara ''puma de pierre''). Nous
traversons une pampa ( plaine ) verdoyante où là encore, moutons, vaches, alpagas, vigognes paissent tranquillement au grand air, sans enclos et plus ou moins surveillés par des bergères vêtues
de leurs costumes traditionnels assises dans l'herbe en train de tisser pulls ( Chompa) ou bonnet péruvien.
Nous sommes tantôt arrêtés une fois encore par des troupeaux qui traversent la route tantôt par des défilés de gens avec des costumes hauts en couleur dansant sur des rythmes andins. Zamponas ( flûtes de pan) et tambours raisonnent dans les rues des villages que nous traversons.
Nous arrivons de nuit à Puno.
Arriver de nuit dans une ville que je ne connais pas n'est pas trop ma tasse de thé je vous avouerai. Pas de points de repères, visibilité moindre, point de vue sécurité personnelle aussi, je
dois monter d'un cran mon attention dans les stations d'autobus sans pour autant paranoïer. Et franchement, comme je vous l'ai déjà dit, ici je n'ai jamais senti une malveillance particulière à
mon égard. Peut-être aussi justement parce que je fais deux têtes de plus que la plupart des gens ici.
J'arrive à Puno donc, une ville à flan de colline avec rues en pente convergeant toutes vers le lac Titicaca.
A peine descendue du bus, je ressens le changement de température. Pluie, vent, froid. Brrrrr...
J'avais dans la tête d'aller dans une pension hors du centre ville, mais je décide d'aller jusqu'au centre ville pour trouver de quoi me sustanter. Dans la rue piétonne principale. Je
déambule dans la rue principale où une horde d'ados et d'enfants s'envoient bombes à eau, confettis et mousse en spray. C'est la coutume dans tout le pays en février comme je vous l'ai déjà
mentionné avant.(Pour ceux qui suivent!!).
Ma chambre est basique de chez basique. Pas chère. Mais j'aurais dormi dans une chambre froide ça aurait été pareil!!! J'ai dormi vêtue de trois pulls, mon bonnet péruvien, chaussettes
épaisses... Dans mon duvet et trois couvertures!! Moi qui vit au Québec !! Cherchez l'erreur...
Puno, lundi 15 février 2010.
Je me dirige vers le port. J'avais un rendez-vous de longue date avec le lac Titicaca!!!
Et par la même occasion, je me renseigne pour prendre un bateau pour les îles Uros, Amantani, ou Taquile en allant parler directement aux capitaines des bateaux.
Les îles Uros j'avais entendu dire que c'était le coin le plus touristique... J'ai quand même décidé d'aller voir et de juger par mes propres yeux...
Je prends le bateau. Je vogue sur le lac Titicaca. Mythique! Le ciel est bleu, le fond de l'air est frais mais il fait beau. Je me sens bien.
J'arrive aux îles Uros. ´´Et là...c'est le drame..´´ Nous voilà accueuillis façon ''club de vacances tout inclu'', les femmes toutes alignées sur la berge de la petite île nous saluent en
chantant.
J'ose à peine descendre du bateau. Je sens le piège à touristes à plein nez !! Mais une dame de l'île vient vers moi, me tend la main en me disant ''Kamisaraki'' ( bienvenue) dans un
sourire pour que je descende du bateau . J'accepte l'invitation par politesse...
Les îles Uros sont un regroupement de petites îles dont le sol est jonché de roseaux ( Qu'on appelle Totora) .
Tout est très bien organisé, orchestré et réglé comme du papier à musique. D'abord, ils invitent les visiteurs à s'assoir sur un grand fagôt de totora, là un guide local explique comment les ìles
son faites. Moi pendant ce temps là, je fais le tour de la mini île pour faire la visite par moi-même et aller rencontrer les gens. Impossible, les îles ne communiquent entre elles que par
bateau. Ô déception!
Ensuite les jeunes femmes et vieilles dames invitent les visiteurs à acheter les quelques objets d'artisanat sur des stands symétriquement disposés en arc de cercle.
J'observe. Je me sens intruse et honteuse de faire partie de ce tourisme de masse qui corrompt leur authenticité. Certes comme il le disent, ils ont besoin des
touristes pour vendre leur artisanat.
Il parait qu'il y a à peu près 70 bateaux qui partent tous les jours pour les îles en hiver. Une vraie usine à touristes!
Certes le paysage est sublime. Et c'est un site vraiment particulier, des îles flottantes millénaires en roseaux, habitées par les descendants des Tiahuanacos, parlant quechua, vêtus de couleurs
incroyables , c'est pas quelque chose que l'on peut voir tous les jours malheureusement je n'ai pas su ou pu apprécié dans sa totalité la beauté du site étant spectatrice du drame
culturel qui se déroulait sous mes yeux.
Ce genre de situation je le vis toujours mal. Détester ce genre de tourisme qui en même temps leur apporte de quoi subvenir à leurs besoins alimentaires et matériels. Il y a toujours cette
fameuse ambivalence quand il s'agit de tourisme.
Après la vente d'artisanat, ils invitent les visiteurs à monter sur le bateau fait exclusivement de totora pour 5 soles ( environ 1 euro ).
Je n'ai pas non plus voulu participer à ça. J'étais bien trop émotive à ce moment là. j'avais envie de partir et je me sentais de plus en plus nauséeuse à voir ce spectacle qui ne rejoint pas du
tout ma façon de découvrir une culture.
Je voyais les autres touristes appeler les petites filles costumées comme on appelle un chien pour prendre la photo avec elles en échange d'une pièce encourageant ainsi la mendicité.
Mon attention était toute particulière pour une petite fille qui se fait rejeter par ses frères insulaires ( Parce qu'elle est moins présentable sans doute !), a contrario des femmes des îles qui
ont de longues tresses de cheveux noirs au bout desquelles elles portent des pompons colorés, des habits de couleurs vives, cette petite fille là arrive en barque, cheveux détachés, non peignés,
visage sale, pieds nus, vêtue de loques de couleurs passées. Elle se dirigeait en ramant toute seule vers notre bateau pour mendier. Là, certains touristes lui ont lancé des paquets de bonbons
comme on lancerait des cacahuètes à un singe en échange d'une photo. Le mal de coeur me reprend de plus bel.
Là-dessus, ceux qui ont voulu monter dans le bateau en totora pour se rendre à une autre île ont eu le droit à un show des femmes Uros. Elles se sont alignées, ont chanté un chant Quechua et ont enchaîné sur '' Vamos à la playa oh oh oh oh oh'', et ont salué de la main en disant '' Hasta la vista babe''!! Pour moi, ce fût le coup de grâce.
Deuxieme île. Je ne suis même pas descendue du bateau. J'observais encore cette petite fille, qui a ramé jusqu'à nous de la première île à la deuxième. Elle faisait le tour des touristes en
quémendant quelques soles ou de la nourriture. Sur la deuxième île, il y avait un petit restaurant. Elle a essayé de rentrer et s'est faite chasser du restaurant par les insulaires pour ne pas
déranger les touristes.
La chose vraiment jolie que je retiens des îles c'est ce moment où une petite touriste jouait avec la petite fille en question, sans histoires de jugement, d'argent, ni de différences. C´est la
seule chose vraiment authentique que j'ai pu observer là-bas. Il y a de l'espoir...
L'authenticité n'est pas toujours là où on l'attend. Et ça aussi, c'est une grande question existentielle pour moi. Repenser la notion d'authenticité qui est en fait du cas par cas, de
rencontres que ce soit en occident ou dans les pays du tiers-monde et pas forcément d'un point de vue géographique exclusivement dans un endroit exotique avec de beaux costumes colorés et
des habitations en roseaux par exemple.
Il est vrai que c'est aussi ça la réalité du pays. Je me suis prise pour le coup, une énorme claque...!!! Apprentie humaine que je suis.
Mardi 16 février 2010.
Puno, Lac Titicaca.
Remise de mes émotions, je décide d'avancer, de ne pas rester sur une déception et ça commence par changer de pension parce que j'ai encore passé la nuit dans un frigo.
J'arrive donc dans une autre pension, plus proche du port. Gens de la pension plus sympathiques, chambres plus chaleureuses que mon toit en taule branlant sous les bourrasques de vent nocturne!
Des fois, en voyage il ne faut pas être mazochiste non plus, tout va mieux avec ne serait-ce qu'un petit changement de milieu, un détail insignifiant, un peu plus de confort fait du bien au
moral. Et on peut dire que ma journée de la veille m'avait bien cassé le moral. Donc on efface tout et on recommence ou plutôt... On avance!
Je me renseigne auprès du garçon de la pension sur ce que je pourrais visiter de beaucoup moins touristique et de plus authentique. On me parle de l'île d'Amantani où l'on peut loger chez les
insulaires. Un endroit plus sauvage. A priori...Ca me parle beaucoup plus!!
Mais avant de partir pour Amantani, je décide d'aller grimper en haut des collines de Puno jusqu'au mirador du condor d'où l'on peut voir toute la ville.
Je peux vous dire qu'à 4000 mètres avec une montée à pic, ça vous calme pour le reste de la journée niveau effort physique!!! Le manque d'oxygène se fait sentir. Mais la vue en vaut tellement la
peine, on y voit tout Puno et l'eau du lac Titicaca qui reflète un grand ciel bleu.
Je redescends par un petit chemin de campagne où la route n'est pas une route mais une piste de gravas, de terre et de poussière. A priori, les gens de ce quartier de Puno ne sont pas habitués à
voir des étrangers randonneurs . Les enfants viennent me parler, échangent quelques passes de foot (soccer pour les québécois!) avec moi et me demandent d'où je viens, si je me suis perdue, ils
m'indiquent ce que je peux aller voir aussi, me souhaitent bonne chance sur mon chemin. Ca, ca met de bonne humeur pour le reste de la journée!
De retour dans la ville, je fais donc des courses pour mon séjour sur l'île. Pas pour moi. Mais pour les gens qui auront l'amabilité de me recevoir chez eux. Des crayons de couleurs et feuilles
pour les enfants, du riz et des fruits pour la famille.
Je reviens ensuite à la pension où je rencontre de nouveau un couple de français rencontrés à Arequipa quelques jours plus tôt qui eux reviennent des îles. Lise me donne très gentiment un nom ,
une personne que je dois trouver quand j'irai à Amantani, une personne qu'elle a trouvé adorable. Ca me tombe tout cuit dans la bouche , je le prends!!!
Je partirai donc à la recherche sur l'île Amantani d'une certaine Serafina et de sa fille Ayleene.
Amantani, jeudi 18 février 2010.
Levée à 6 heures du matin. Direction le port de Puno et plus exactement donc l'île d'Amantani où j'ai très hâte d'arriver.
Je prends un bateau de la communauté d'Amantani. Il est bien sûr hors de question pour moi de passer par une agence qui s'en met plein les poches et ne donne quasiment rien aux insulaires.
Un arrêt à Uros d'une demie heure. Quelle mauvaise blague! Ahah!
Une femme a tenu à me faire goûter du totora ( oui parce que ça se mange aussi) ce qui est plutôt fade au goût. Puis 3 heures de bateau jusqu'à Amantani. (Oui le lac Titicaca c'est
grand!!!Environ 200kms de long sur environ 65 kms de large. Et c'est aussi pour information le lac navigable le plus haut du monde.)
Donc une fois arrivée à Amantani, je cherche la fameuse Serafina et sa fille Ayleen. Manque de chance, elle n'est pas à Amantani mais à Puno. Pas grave. C'est sa nièce qui vient me
chercher, Tania...Enfin quand je dis venir me chercher,je dirai plutôt me traîner jusqu'à chez elle, il a fallu que je monte avec tout mon équipement sur la colline et je peux vous dire que j'ai
cru mourir tellement je manquais d'air !!! J'ai du mal à la suivre, ça me donne même des hauts de coeur tellement la montée avec si peu d'oxygène est brutale pour mes poumons qui cherchent de
l'air désespérément . Pour vous donner une idée c'est comme si on avait des points de côtés dans tout l'abdomen et on a l'impression qu'on va vomir tellement c'est intense. Surtout pour moi qui
ne suis pas une grande sportive. Durant la montée, le capitaine du bateau montait et descendait en courant, riant de moi. les petites vieilles de l'île portant lourdes charges sur leur dos dans
leur Lyiglia me dépassaient un sourire au coin des lèvres. Si j'étais pas si heureuse et motivée d'être là il me semble que je me serai sentie insultée ;-)
Je suis la seule étrangère chez Irma ( la mère de Tania), Tania et Nando son petit frère. Quel bonheur! Je vais pouvoir partager beaucoup plus.
J'apprends que Tania parle davantage l'espagnol castillan que le quechua. Il faut comprendre là-dedans que c'est une langue qui va sûrement s'éteindre dans peu de temps. Hélàs.
J'apprends aussi que tous les jours elle met une heure à pieds pour se rendre à l'école. Tout se fait à pieds ici, il n'y a ni route, ni engins motorisés.
Pour ce qui est de l'électricité ce sont des panneaux solaires qui leur donne un peu d'électricité le soir pour les éclairer. Aucune prise électrique. Aucun appareil électronique.
Amantani, c'est deux grandes collines qu'ils appellent Pachatata et Pachamama ( référence à ''ma mère la terre'') . Dix communautés et un village au centre de l'île.
Tous les 15 janvier , les habitants d' Amantani montent sur la colline Pachamama pour lui faire des offrandes en enterrant divers denrées afin d'amener dans leur vie et leur foyer bonne fortune,
bonnes récoltes etc... la langue parlée ici est le quechua mais l'espagnol se comprend. On ne vit que de la vente d'artisanat et de l'acceuil des quelques touristes qui ne rechignent pas sur le
confort.
Les femmes tissent , surtout en hiver ( qui est notre été dans l'hémisphère nord), car l'été à cause des pluies, de l'humidité dans l'air la laine est plus difficile à travailler. Un lyiglia
prend 2 mois à être tissé!!! Ce qui me fait regarder d'un oeil différent l'artisanat péruvien et me fait réaliser combien c'est un travail minutieux, sous-payé, qui prend beaucoup de temps. Ce
qui fait aussi et ce depuis quelques voyages, que je ne négocie plus trop les prix.
Les hommes, quant à eux, s'occupent de l'agriculture et de tout ce qui est maçonnerie. Et quand je dis maçonnerie, là aussi c'est très traditionnel, de la terre séchée avec de la paille
recouverte d'une sorte de plâtre à l'intérieur des maisons (quand ils ont le budget pour faire une pièce).
La mère de Tania, me fait à manger accroupie devant un petit poêlon posé par terre sur quelques braises, un chat est assis à côté d'elle sur la terre. Les murs l'entourant sont faits de terre et
de paille également. Quelques plats de terre cuite, du papier journal ci et là, pas de rangements pour les ustensiles de cuisine, une table et 4 chaises étant le seul mobilier de la maison. Une
bassine pour faire la vaisselle juste en rinçant dans l'eau. La nourriture est essentiellement du riz, des pommes de terre, du pain , des pâtes, de la soupe de Quinoa avec quelques légumes
accompagnés de thé avec des herbes qu'ils ramassent dans la nature.
Pour ce qui est de la deuxième pièce principale, c´est une chambre comportant deux lits.En effet, ils dorment tous ensemble dans la même pièce.
Irma me montre comment elle tisse un bonnet Péruvien. Trois aiguilles une pelotte de laine d'alpaga et beaucoup BEAUCOUP de savoir faire, qui se transmet de mère en fille depuis des millénaires.
Impressionnant. Laine d´alpaga qu´elle doit aller acheter chaque semaine à Juliaca qui n´est pas la porte à côté.
Ici , les gens portent de lourdes charges sur leur dos, montent et descendent du matériel à longueur de journée, ils n'ont pas de dimanche, ils travaillent fort. Irma se lève à 5 heures du matin
tous les jours et se couche tôt après une longue journée de travail qui consiste à tisser ou s'occuper des plantes qu'elle fait pousser en avant de chez elle. Les enfants aident les parents pour
les tâches quotidiennes en plus d'aller à l'école pour ceux qui ont la chance d'y aller.
Irma nous laisse car elle va répéter des danses traditionnelles pour le carnaval d'amantani qui a lieu demain.
Tania m'emmène au pied du Pachatata. Je grimpe, non sans mal! Mais du haut du Pachatata, j'observe un paysage majestueux sur le gigantesque lac titicaca et une cordillère enneigée à l'horizon.
Un orage arrive, je dois redescencre.
Je me perds.Je demande aux gens du village de m'indiquer la maison d'irma. Ils se connaissent tous sur l'île donc ça ne devrait pas être trop difficile. j'aperçois 100 mètres plus loin, Tania qui
me fait des signes pour me rappatrier chez elle. Ca tombe bien car la tempête se lève. Pluie diluvienne toute la soirée.
Nous mangeons dans le noir avec une lampe frontale dans une pièce sans chauffage où les fenêtres sont calfeutrées avec du carton.
On arrive à se comprendre, à se faire des blagues que l'on rit avec pudeur. Des gestes affectueux, des sourires, des mots simples, des regards, en toute simplicité.
Je dessine avec les enfants Tania et Nando , je leur fais écouter de la musique. Des petits bonheurs simples.
Je vais me coucher avec la tête remplie de beaux échanges sur fond de mélancolie. Leur mode de vie me ramène à l'essentiel. En partageant un peu le quotidien de ces gens du bout du monde que je
ne reverrai peut-être jamais, qui n'ont rien, à qui on a envie de tout donner, et qui à leur façon, m'ont beaucoup donné.
Puno, samedi 20 février 2010.
Je dis au revoir à la famille d'Irma. Je reprends le bateau. Prochaine étape île de Taquile. Plus touristique. Encore une montée à travers cultures en terrasses, troupeaux de moutons.
Dans le village, des danses et musiques traditionnelles.
Nous redescendons par des marches incas de l'autre côté de l'île.
Retour à Puno. 3 heures de bateau, sous le soleil qui est très très fort ici. J'ai même pris un coup de soleil sur le haut du crâne quant à mon nez je ne vous en parle pas!!!
Je pars pour Copacabana. Une ville au bord du lac Titicaca mais côté Bolivien.
'' Au revoir...A bientôt'' ;-)
Émilie
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