Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 01:11

 

  

Le 21 Mars 2010

San Pedro de Atacama, Chili.

 

Après la grande expédition d'Uyuni à bouffer de la poussière, les relans de souffre de certains sites volcaniques alentours, après avoir été bousculée dans la jeep pendant 3 jours sur le la piste, et une grosse grippe; enchaîner sur une étape au Chili est un vrai bonheur!  Repos total et bien mérité!!

 

Je l'avoue, j'ai été assez feignante ces deux derniers jours à san Pedro de Atacama, je ne suis pas allée crapahuter à droite à gauche du coup. S'arrêter un peu dans un voyage, et juste observer, écrire, dessiner, réfléchir...Faire un arrêt sur image, c'est bien aussi. Après tout, je suis en vacances!!

 

Cela dit ! Je suis allée à la rencontre d'un astronome français, un ancien ingénieur astronome au CNRS qui est maintenant établi à san Pedro de Atacama et qui a créé un genre d'observatoire ouvert aux touristes. En effet, dans cette partie du monde, il paraitrait que le ciel est un des plus purs du monde. En fait, comme dans n'importe quel désert , loin des villes et donc loin de la pollution visuelle.

Le gars, environ 45 ans n'a rien du rat de laboratoire ou de l'image que l'on peut se faire d'un ingénieur en astronomie un peu coincé et qui utilise des mots que le commun des mortels ne comprend pas. Mais j'ai plutôt rencontré un gars plein d'humour, blaguant à tout va, parlant plutôt avec un vocabulaire de jeune, habillé super simple en jean et baskets.

 

Il a quitté le CNRS parce que monsieur ne s'amusait pas assez. En effet, il semblerait que dans les grands observatoires en Europe, les ingénieurs maintenant ne regardent même plus eux-mêmes dans les objectifs des télescopes mais tout étant automatisé il s'agit de rester devant des écrans d'ordinateur toute la journée . Plus rien de vraiment poétique et de magique là-dedans.

 

Donc Alain Maury de son vrai nom, s'est installé dans le désert  avec sa femme chilienne travaillant dans le tourisme et ont ainsi monté leur projet d'observatoire. Il fait du gardiennage de télescopes provenants du monde entier. Ainsi les astronomes de l'hémisphère nord peuvent quand même regarder le ciel de l'hémisphère sud, à distance.

Il en a construit aussi lui-même, avec des bidons, des roues de vélos en y rajoutant miroirs et objectifs. Un vrai bricoleur ! Et ça marche très bien!

 

En effet, j'ai pu observer saturne et ses anneaux, mars, l'étoile double d'alpha du centaure, j'ai pu plonger mes yeux et regarder droit dans les nébuleuses de la voie lactée...Je ne vois plus le ciel de la même façon maintenant croyez-moi!! Je me sentais déjà toute petite dans ce monde mais là...! C'est une grande leçon d'humilité!!!!!

 

J'ai pu voir pour la première fois de ma vie aussi le ciel de l'hémisphère sud donc, le nuage de magellan et les constellations qui vont avec. La croix du sud, le scorpion, la vierge...Alain nous expliquait le ciel en vulgarisant tout et j'étais comme une gamine de 4 ans le suivant partout en lui posant un tas de questions... Il nous expliquait le ciel selon notre cosmogonie gréco-romaine mais aussi selon la cosmogonie pré-colombienne. En effet, les incas par exemple, ne voyaient pas des constellations formées par les étoiles mais par les tâches plus sombres de la voie lactée. Et vous me croirez ou non, mais dans la voie lactée on voit très clairement une forme de lama !! Hallucinant!!

Voir la peinture que j'ai prise en photo dans un musée de Cuzco qui est assez représentative des constellations incas:

 

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Pour la petite anecdote insolite, je vais vous dévoiler une grande vérité! Nous ne mourrons pas en 2012 de la fin du monde! En effet, vous n'êtes pas sans savoir, enfin vous n'avez pas pu passer à côté de cette rumeur et de cette fameuse prophétie maya avec tous les livres, les films hollywoodiens sur le sujet...Notre cher astronome lui, m'a simplement dit que c'était tout à fait faux , que les planètes ne s'aligneraient pas du tout le 21 décembre 2012, et que les mayas vouaient certes un culte aux étoiles et construisaient certains de leurs temples en fonction du positionnement des étoiles et des solstices, mais ils avaient une compréhension limitée de ce qu'était l'univers bien entendu , ils pensaient d'ailleurs que la planète était plate. Alors pour prédire une fin du monde...c'est pas gagné!!

Bon...Je peux dormir tranquille maintenant et vous aussi...

 

Je suis repartie de san Pedro, la tête dans les étoiles, dans un bus de nuit.

Je pensais après plusieurs heures de trajet jusqu'à Arica rester quelques jours dans cette ville et profiter de la mer. Mais une fois arrivée j'ai décidé d'enchainer directement avec un bus pour Arequipa. Arequipa que j'ai déjà visité à l'aller ( pour ceux qui suivent!!) J'avais promis que je reviendrai dire un petit bye bye à mon amie Aroly, ses soeurs et Yuri sa meilleure amie.

 

Je suis restée à Arequipa quelques jours et encore là j'ai fait un arrêt sur image, je me suis même mise sur le rythme ''vie au quotidien'', vu deux films au ciné (en espagnol bien sûr!), flâner dans les cafés, observer les gens, me la couler douce, avoir de belles conversations avec Aroly, la retrouver pour manger ensemble etc etc...Pas grand chose de très touristique à vous faire découvrir pour le coup! :-)...Revenons à nos moutons...Ou à nos lamas plutôt...

 

Le 28 mars 2010

Cuzco, capitale des incas...

 

Je finis ce voyage rempli de découvertes par la région des ruines de l'empire inca.

 

J'arrive d'Arequipa après 12 heures de trajet de nuit. Je me repose un peu avant de retrouver Laure mon contact à Cuzco. Laure est une française faisant un stage dans une ONG travaillant au sein des communautés andines. Elle m'explique donc ce qu'ils font pour aider les communautés. Apparemment il y a beaucoup de projets qui se font dans la région andine et c'est de très bonne augure pour les aider à vivre de manière un peu plus organisée et décente.

 

On se promène une bonne partie de la journée, elle me montre notamment le quartier san Blas , le quartier bohème de Cuzco.

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Je déambule dans les ruelles du centre historique en ayant bien dans la tête que je marche dans les pas des incas. Je vois des murs aux pierres taillées et polies pesant des tonnes s'emboîtant les unes dans les autres à la perfection.

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 Il y en a même une qui a 12 faces! Respect!

 

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Ces pierres emboîtées vestiges de l'empire inca sur lesquelles ont été construites églises et maisons coloniales. Maisons coloniales qui n'ont pas tenu le coup face à de gros séïsmes ces derniers siècles et pierres incas qui sont toujours là, intactes et immobiles. ( J'dis ça, j'dis rien!!!)

 

Le dimanche 28 mars 2010

Cuzco

 

Cuzco ou Qo'qho en langue quechua signifiant nombril autrement dit le centre du monde!!!

 

J'embarque dans un colectivo en direction des ruines de Pisaq. Nous grimpons et redescendons de l'autre côté d'une montagne. Paysages andins verdoyants, des champs de différentes couleurs, un vrai patchwork.

 

Aujourd'hui à Pisaq c'est jour de marché. Beaucoup de monde sur la place centrale du village.

 

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 Les costumes des femmes sont magnifiques, colorés comme à l'habitude.En fait, chaque région des Andes a son costume traditionnel qui est également un habit de tous les jours. On croirait que passé et présent se confondent. Il semblerait que leurs costumes n'aient pas beaucoup changé depuis l'époque inca. Les femmes marchent avec des sandales que ce soit sur de la terre sèche ou de la boue.Portent des genres de bas en laine d'alpaga, un chapeau assorti à leur veste et leur jupe, un châle ( lyiglia)...Bref...Un festival de couleurs...

 

Je tombe ENFIN sur un quipu!!!!( Prononcer kipou )...Vous vous demandez ce que c'est que cet animal là encore? Ce n'est ni un animal, ni une personne malodorante ( un qui pue...ok c'est nul!), ni un meuble, ni le nom d'un style d'habitat...

 

Voilà à quoi ça ressemble  (Photo prise à Cuzco dans un musée d'art pré-colombien):

 

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Un quipu est en fait un système de comptage, d'écriture et d'archivage inca. Des fils de laine d'alpaga d'une certaine couleur avec des noeuds ci et là le long de ces fils. Que veulent dire ces noeuds? Comment les lire? Une couleur pour chaque chose que les incas voulaient compter et archiver, par exemple le jaune pour le maïs, le noir pour les lamas, chaque noeud de différente forme représente un chiffre ou une lettre, des dizaines ou des centaines si le noeud est simple ou double ou triple...Un vrai casse-tête pour les non-initiés!!!! D'ailleurs il semblerait qu'on ne puisse plus lire les quipus maintenant sauf certaines personnes dans les communautés reculées des Andes.

 

Je laisse le village de Pisaq derrière moi et je prends un colectivo pour monter jusqu'aux ruines de Pisaq...Sur la route, les restes des dégâts causés par les innondations de janvier dans la région...Éboulements et glissements de terrain.

 

Nous nous frayons un chemin entre d'énormes rochers tombés de la falaise, ou nous évitons les trous dans la route causés par les glissements de terrain. Ca calme! J'ose à peine imaginer ce que ça devait être en janvier.

 

J'arrive aux ruines, je suis littéralement émerveillée et émue de déambuler dans des ruines incas. Un site grandiose perché sur une montagne dominant une vallée , le fleuve Urubamba et des cultures en terrasse verdoyantes.

 

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Il y a peu de gens sur le site, j'ai l'impression qu'il n'y a que les ruines et moi. ( enfin...Laissez-moi y croire). J'avais rendez-vous depuis petite avec elles. M'y voilà, craphutant de temples en temples, de sentiers en sentiers sur lesquels je croise des femmes et des hommes remontant depuis la vallée avec de lourdes charges sur leur dos et trainant derrière eux des lamas qui avancent sans broncher. C'est bien simple, j'ai l'impression d'avoir pris une machine à remonter le temps!!

 

Je passe par des escaliers et sentiers étroits qui longent les montagnes, par des tunnels creusés dans la montagne pour aller d'un temple à un autre. Génial!

 

Je redescends à pied vers le village de Pisaq pour reprendre un colectivo. Une bonne heure de descente sur un sentier plein de roches de différentes tailles, sur une pente abrupte, mes mollets s'en souviennent encore!

 

Lundi 29 mars 2010.

Cuzco.

 

Je passe une bonne partie de la journée à chercher un moyen pour me rendre au Machu Picchu en étudiant toutes les possibilités.

 

Trois choix s'offrent à moi:

- Prendre le train sur les nouveaux rails consolidés depuis les inondations...Mais...150$US!!! Et il ne reste qu'une place.

 

- Me rendre en colectivo jusqu'à Ollantaytambo et marcher en longeant la voie ferrée pendant 6 heures dans la caillasse jusqu'à aguas calientes qui est le village au pied du Machu picchu.

 

- Prendre un colectivo en direction de Quillabamba, m'arrêter dans un village, reprendre un autre colectivo, marcher trois heures plus ou moins jusqu'à Aguas Calientes.

 

En tenant compte que je n'ai pas beaucoup de temps!

 

Alors...Pour le Machu Picchu. Je vous explique pourquoi j'au décidé de ne pas y aller... Le train trop cher, le manque de temps pour aller à l'aventure marcher sur des routes dont je ne connais pas l'état après les innondations de janvier.

 

Toutes les personnes travaillant dans le tourisme sont des vendus à Peru rail, (la compagnie de train qui emmène des touristes au Machu Picchu), les offices du tourisme à cuzco me disent tous que ça me prend absolument le billet de train pour rentrer au Machu Picchu, en gros ils te forcent à acheter le billet qui coûte très cher, en te décourageant voire te mentant en ce qui concerne les chemins alternatifs donc gratuits...

 

Se rajoutent à ça des grèves des locaux qui râlent, à raison, car Peru rail n'a apparamment fait dégager que les accès pour les touristes et non pour les locaux. Ils affrettent les bus qui se rendent à Ollantaytambo '(village sur le chemin du Machu Picchu) qu'ils remplissent de touristes e priorité parce que ça rapporte davantage que faire monter les locaux.

 

En voyant tout ça, révoltée par tout ce charabia, ces mensonges, ces grèves, j'ai décidé de ne pas participer à ce grand cirque. Sans aucun regret!!! Ca m'a plus écoeurée qu'autre chose !!!

 

j'ai donc fait mon deuil du Machu Picchu ! J'ai déjà fait un merveilleux voyage, et je ne suis pas sûre que le Machu Picchu aurait été la cerise sur le gâteau finalement !!

Bref...

Je file à Saqsaywaman ( Ruines incas au dessus de Cuzco) en taxi . ( oui Saqsaywaman j'ai mis longtemps à le prononcer correctement!!!)

 

je vous laisse apprécier par vous-mêmes via les photos...

 

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Avec la pleine lune, ça donne tout de suite un aspect très mystique aux ruines!!

 

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Mardi 30 mars 2010

Cuzco

 

Je prends un colectivo en direction de salinas un site énorrrrrme composé de puits salants déjà utilisés dans la période pré-inca, donc avant 1200 après J-C...

 

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Les incas ont dévié un cours d'eau chaude qui se jette par le biais d'autres petits ruisseaux dans des bacs faisant s'évaporer ainsi le sel qui forme des genres de plaques ou croûtes qu'ils récupèrent en hiver ( juin à septembre)... Impressionnant.

 

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je me dirige ensuite vers Moray, autre invention des incas.

Il s'agit d'un genre de laboratoire, des cultures en terrasse construites par les incas pour tester leur argiculture et en tirer le meilleur.

 

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Vendredi 2 avril 2010

Pisco.

 

Après avoir visité monuments et autres musées d'archéologie, musée sur la culture inca et les arts pré-colombiens de Cuzco, je prends un bus en direction de Pisco que je n'ai pas visité à l'aller. je voulais couper le trajet entre Cuzco et Lima ( 23 heures de bus!) et me la couler douce un peu en bord de mer...

 

19 heures de bus et me voilà revenue en basse altitude, à la chaleur et au soleil sur la côte pacifique.

 

sur le chemin nous avons fait un arrêt à Nazca...comme il est étrange de me dire qu'il y a deux mois je suis passée ici, naïve, encore novice en ce qui concerne la culture sud-américaine et péruvienne...

 

Comme je le disais je suis à Pisco donc, je suis allée voir les îles ballestas et la réserve naturelle de Paracas ( à 10 kms de Pisco au sud).

Comme a son habitude, le Pérou me surprend et m'enchante...Des dunes à perte de vue se jetant dans l'océan pacifique...

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J'ai pu observer le fameux candélabre tracé sur une dune en direction des îles Ballestas:

Trois théories le concernant, il aurait été tracé soit:

- Par les Paracas ou Nazca ( les mêmes qui ont tracé les lignes de Nazca)

- Par les pirates au 18ème.

- Par les extra-terrestres!

 

 ( A vous de voir!!)

 

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J'ai pu voir des animaux tels lions de mer, pingouins de Humbolt, des pélicans et autres oiseaux producteurs intensifs de guano! ( non ils ne m'ont pas arrosé)...

 

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Le 4 avril 2010.

Lima, Barranco.

 

La boucle est bouclée...De retour à Lima après 65 jours de voyage, 130 heures de bus et de colectivos, 4000 kms à vol de condor ( donc beaucoup plus par la route!!!), 33 heures de jeep, 14 heures de bateau, 1 ou 2 salmonelles ( ou autre vilaine bactérie non identifiée qui m'a valu 15 jours de turista! Charmant!), une élongation au mollet droit( Pisaq), 1 grippe à Uyuni et d'innombrables piqûres de moustiques et autres insectes vampires de la jungle et des yungas...Un '' petit'' voyage tranquille en somme!!!!

 

Il est amusant en fin de séjour de faire le bilan d'un voyage, de ce que le voyage nous a apporté, comme dit l'adage: ''ce n'est pas nous qui faisons le voyage mais le voyage qui nous fait''...je crois juste que l'on s'adapte au rythme, au quotidien d'un pays aux antipodes du nôtre mais qu'on ne change pas vraiment...Au début, on se sent déstabilisé, voire choqué ( par la misère omniprésente ou une certaine désorganisation , ce fameux ''joyeux bordel'' dont je vous ai parlé ), on ne connaît pas ''les codes'', comment les gens se comportent, le rythme de vie, les règles de sécurité minimums pour que notre voyage se passe au mieux...On s'en rend compte surtout quand à la fin du voyage, des vendeurs, chauffeurs de taxis essaient de gonfler les prix pensant que vous ne connaissez rien du pays, que vous venez d'arriver et qu'en fait vous connaissez le vrai prix des choses et que vous ne pouvez plus vous faire avoir...

 

Il est toujours intéressant, enrichissant de partir avec ses préjugés, sur son imaginaire  en ce qui concerne un voyage au coeur des Andes. Préjugés qu'on est prêts à laisser derrière soi en voyant comment ça se passe réellement de l'intérieur... En autant que l'on soit flexible et un tant soit peu ouvert d'esprit bien sûr!!

 

On peut penser que voyager en Amérique du sud comporte son lot de risques, d'insécurité...cela dit, je n'ai jamais ressenti de menaces, de malveillance à mon égard...tout s'est passé à merveilles, sans encombre...

 

Toutes les personnes que j'ai rencontré sont d'une douceur et d'une gentillesse incroyable. Comme je le disais durant mon voyage en Andalousie et surtout au Maroc ( voir sur ce blog un peu plus loin!), on se rend surtout compte à quel point nous sommes tous semblables, nous voulons tous vivre en paix, gagner notre vie avec dignité, fonder une famille, vivre décemment. Je me sens différente forcément parce que je suis née dans un pays qui n'a pas foncièrement de gros problèmes comparés à ce que j'ai pu voir à travers mes quelques prérégrinations au bout du monde et je me sens tout à fait semblable aussi parce que ces voyages nous ramènent à cet essentiel, VIVRE et passer dans la vie avec dignité et joie de vivre.

   

Je suis à Pisco donc, ville rasée à 85% par le dernier tremblement de terre il y a trois ans. Ils n'ont aucune aide du gouvernement, la ville ressemble à un champs de bataille, une ville après-guerre où tout est à reconstruire. les gens vivent dans des habitations de fortune en dur ou en bois . Et pourtant c'est ici que j'ai rencontré les personnes avec une joie de vivre énorme et l'un d'eux m'a tout simplement dit '' todos somos seres humanos! Nacionalidad o color de piel, no importan, lo importante es de comunicar y entender nosotros para vivir en paz'' (Nous sommes tous des êtres humains, la nationalité ou la couleur de peau importent peu, le plus important c'est de communiquer et de nous comprendre, pour vivre en paix''. Tout est là.

 

être à Pisco, voyager dans les Andes nous fait réfléchir sur le potentiel de survie que l'humain a par nature, malgré le peu que certains ont, la vie grouille et est effervescente. Tout ça me fait relativiser , prendre conscience aussi à quel point je suis chanceuse d'être née en France et de vivre au Canada qui sont deux pays très tranquilles comparés à ce qu'on peut rencontrer quand on voyage dans les pays du Tiers-monde.

C'est aussi pour cela qu'il est important de se faire un peu violence des fois et de sortir de SES sentiers battus, repousser ses limites, aller vers l'inconnu...

 

C'est non sans émotions que je quitterai le Pérou et que je ferais le deuil de ce voyage à Montréal. Car tout gros projet a son deuil, un chapitre se ferme, un autre commence...

 

Je vous remercie d'avoir suivi mes modestes aventures et espère avoir retransmis au mieux ce que j'ai vu ou ressenti ici. Comme je le disais au tout début, il y a autant de façons de voyager que de voyageurs, il n'y en a pas de bonne ou de mauvaise, car c'est une démarche très personnelle et je tiens à souligner vraiment que si vous allez dans ce si merveilleux coin du monde, vous ne serez absolument pas déçus, et vous le vivrez sûrement d'une manière totalement différente de la mienne avec vos émotions , votre curiosité, vos attentes qui vous sont propres.

 

Je vous souhaite de vivre de belles aventures que ce soit de chez vous ou à l'autre bout du monde!

 

''Au revoir...À bientôt'',

 

Émilie, l'apprentie humaine.

 

 

 

Par laviedeboem
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 00:20

 Le 15 mars 2010
Uyuni, sud de la Bolivie.


Me voilà à Uyuni, après 11 heures de bus...
Aaaaaaaaah si seulement on pouvait cumuler des points air miles en voyageant en bus, je pourrais faire le tour du monde avec tous les longs trajets que j'ai fait depuis que je suis en Amérique du Sud!


Je suis donc partie de La Paz , très contente d'en partir ! A la longue ça devient toxique toute cette effervescence!!

J'ai donc d'abord pris un bus pour la très jolie Sucre ( prononcer Soucrrré), la capitale constitutionnelle de la Bolivie.

Un bus qui ferait rougir les compagnies de bus européennes et nord-américaines. En effet, ce ne sont pas des places assises '' normales'' mais ce qu'ils appellent des semi-Camas ( semi-lits), de la place, du confort, et possibilité d'être quasiment en position allongée.


L'arrivée à Sucre et le court séjour que j'y ai passé ont été des plus appréciables.

Un gros coup de coeur pour Sucre qui est une ville coloniale toute blanche , aux monuments bien conservés et mis en valeur, tranquille et avec une certaine qualité de vie. Moins de pauvreté (visible tout du moins), rues plus propres, aucun sentiment d'insécurité et de plus, une vie culturelle qui grouille!!!
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 Et pour la première fois en Bolivie après 3 semaines palpitantes passées dans ce superbe pays, et je pèse mes mots, je trouve un supermarché! Bon ça a l'air très ordinaire de dire ça, mais si vous étiez ici au quotidien vous comprendriez la joie que j'ai ressenti lorsque je suis rentrée dans ce supermarché avec des viandes RÉFRIGÉRÉES!!! J'ai même trouvé du reblochon...Oui oui en Bolivie! La preuve en image!

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En fait, Sucre a ce petit quelque chose de différent qui nous fait nous demander si on est bien en Bolivie ou si on a changé complètement de pays!!


Que faire à Sucre?

Et bien j'ai visité la casa de la libertad où a été signée la déclaration d'indépendance de la Bolivie. Musée qui garde sous vitrine la dite déclaration.


J'en ai appris beaucoup sur le fameux Simon Bolivar alias ''el libertador'' ( le libérateur) qui a lutté une bonne partie de sa vie pour l'indépendance des pays d'Amérique du sud, en commençant par le Vénézuela, la Colombie, l'Équateur, le Pérou et la Bolivie. Bolivie qui doit d'ailleurs son nom à cet homme.


Le lendemain, je voulais aller à Tarabuco, un fameux marché d'artisanat à 65 kms de Sucre, mais vu que je venais de faire 12 heures de trajet, j'ai voulu me calmer au niveau des transports.

 Je suis donc allée au Parque cretàcico, un endroit où l'on peut voir des empruntes de dinosaures. Empreintes découvertes totalement par hasard par les gens travaillant dans l'usine à côté, creusant dans la montagne et ainsi découvrant ce site incroyable.

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Le soir , sur le chemin de l'auberge de jeunesse, je suis passée devant un théâtre, c'était bien trop tentant, j'ai donc assisté à une pièce ''très'' bolivienne, j'étais la seule touriste dans la petite salle de 150 personnes. Les locaux étaient assez étonnés de me voir là d'ailleurs. Un petit théâtre avec peu de moyens, du stye 4 hallogènes en avant scène pour éclairer les comédiens de façade et des ampoules au dessus de la scène accrochées à des planches de bois. Pas très sécuritaire mais tant que ça fonctionne!

Quand je dis que la pièce était ''très'' bolivienne c'est que certains des personnages étaient des cholitas ( femmes aymara et quechua vivant dans les villes mais portant le fameux chapeau melon et, jupes aux multiples jupons et châle coloré). Une pièce traitant du départ du fils chéri de la maison, évidemment tout ça était très dramatique, très latino! Mais avec quelques passages très drôles. Je n'aurais pas la prétention de dire que j'ai tout compris. Mais comme m'avait appris ma prof de théâtre à Montréal, il n'y a que les intentions qui comptent , le ton, la posture, et non pas le langage. J'ai pu d'autant plus le vérifier en allant voir cette pièce que j'ai vraiment appréciée. Ca fait d'autant plus plaisir quand on se dit que malgré tous les problèmes de pauvreté présents en Bolivie, la vie dure dont je n'observe qu'une petite partie mais qui est présente à chaque coin de rue ici, l'art est accessible à tous et que la culture non seulement sous formes de festivals, carnavals plus traditionnels perdure mais aussi d'autres formes d'expression comme le théâtre contemporain ou des groupes de musique jouant dans des penas ou restaus-concert. Comme dirait la chanteuse Maurane '' Quand l'humain danse, tout va''.

Le lendemain matin, réveil à 5H30 du matin...dur dur!!! Départ pour 11 heures de bus pour Uyuni, le fameux désert de sel ainsi que la région du sud Lipez, ses volcans, des geysers, ses lagunes colorées.


La route est d'une splendeur!!!! Des canyons de couleur rouge, de la pampa vert tendre sur lesquelles paissent nos amis alpagas, des lacs qui reflètent les montagnes alentours et sur lesquels on peut voir des flamands roses. On dirait qu'un peintre géant a laissé échapper sa palette de couleur au dessus du haut plateau andin!

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Je fais du yoyo d'un point de vue altitude ces derniers jours! Mine de rien, ça fatigue pas mal! Rurrenabaque 200 mètres de haut enchainé avec La Paz à 3800 mètres, puis redescendre à sucre à 2700 mètres et me revoilà à 4000 mètres d'altitude. Dur dur! Je ne vais pas trop me plaindre, le mal des montagnes ( Sorroche comme on dit ici) en ce qui me concerne s'arrête juste à une grosse fatigue, quelques vertiges et le souffle court quand je dois faire un gros effort. Pour certains c'est plus violent, nausées, vomissements, maux de tête terribles comme une douleur de rage de dent...


Durant le trajet Sucre-Uyuni, nous nous sommes arrêtés une heure dans la ville de Potosi pour grignotter quelque chose, deux finlandais et moi avons cherché tant bien que mal un restaurant décent, je veux dire un qui inspire confiance pour ne pas être trop malade..En vain...je me rabats sur des pringles pour déjeuner!


Potosi est LA ville minière de la région. Les mineurs qui travaillent dans des conditions déplorables voire choquantes ne vivent pas plus de 40 ans ayant respiré bien trop de poussière, d'amiante et autre produits toxiques. Ils extraient de l'argent du Cerro Rico ( une montagne de forme cônique aux reflets argentés et rouges) et ce depuis le temps des conquistadors.



Je suis donc arrivée à Uyuni quelques heures plus tard par une piste, et quelle arrivée spectaculaire !! Au coucher du soleil sur le salar, qui de loin ressemble à une mer gigantesque, de lointaines montagnes et volcans l'entourant.
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J'étais bien ambitieuse je pensais arriver, me trouver une jeep pour le lendemain et ainsi enchainer directement salar d'uyuni, sud Lipez, les lagunes colorées avant de passer la frontière pour le Chili...


Je me trouve une auberge pas chère ( Ai-je vraiment besoin de préciser?!)...Première ( mauvaise ) surprise. Uyuni connait une pénurie d'eau! Je dois me résigner à ne pas prendre de douche pendant 4-5 jours alors que je suis arrivée toute poussiéreuse du voyage sucre-Uyuni ayant roulé sur de la piste avec les fenêtres grandes ouvertes! Qu'il en soit ainsi !!!


Je me donne un jour off le temps de me reposer et être en forme pour les prochains jours...Oui c'est un peu bizarre de dire je prends un jour de congé étant en vacances. Mais malgré ce que vous pouvez penser, ce ne sont pas des vacances de tout repos! Les Andes, ça se mérite!!! Tout est tellement loin, les bus mis à part le bus royal entre La Paz et Sucre, les bus sont un enfer pour le dos! Impossible pour moi de dormir dans un bus qui fait de la piste non seulement parce qu'il n'y a aucun confort, que ça bouge vraiment trop, mais aussi parce que je garde mes yeux grands ouverts pour ne pas louper ne serait-ce qu'une miette des majestueux paysages que je traverse.


Mercredi 17 mars 2010

Hotel de sel région du salar d'Uyuni.



Je ne parlerai sûrement pas autant que dans mes précédents articles, les images parlant d'elles-mêmes.

J'embarque dans une jeep avec une bande de gaillards venant d'Angleterre et d'Australie et deux boliviens ( guide et chauffeur-cuisto)


Nous arrivons d'abord dans un cimetière de trains. Trains qui ont été importés d'angleterre et d'Allemagne au 19ème siècle et qui restent à rouiller dans le désert depuis 1997 avant d'être déplacés dans un musée à Uyuni. Ils servaient essentiellement à transporter du minerais au Chili et dans le nord de la Bolivie .bloguyu10.JPG  bloguyu11.JPG



Nous arrivons à Colchani un petit village qui vit essentiellement de l'extraction du sel et du tourisme.

Ils prennent de grands blocks de sel, les cassent en morceaux puis le réduisent en cristaux, les font sécher au soleil,  le font chauffer puis le passent dans un genre de moulin à sel. Pour finir, ils le mettent en petits paquets prêts à la vente.


Nous entrons dans le salar enfin! Un gigantesque désert de sel qui fait environ 200 kms sur 150kms. Le salar est par endroits recouvert d'une pellicule de 10 cms d'eau de pluie ce qui nous permet de voir le reflet des nuages et montages alentours sur l'eau du salar et nous donne alors l'impression de voler parmi les nuages.

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Le paysage est lunaire et féérique.


Le salar a été formé entre 25 000 et 40 000 ans, était à la base un lac , le lac Minchin qui recouvrait une bonne partie du sud-ouest de la Bolivie. Par le mouvement des plaques techtoniques et l'évaporation, l'eau du lac a laissé place au sel qu'il contenait formant ainsi non seulement le salar d'Uyuni l'un des plus grands désert de sel au monde, mais aussi d'autres salar ( désert de sel en français), le salar de Coipasa, salar de Empexa et autres qui ont mis environ 14 000 ans à sécher!


Nous traversons donc une bonne partie du salar pour nous rendre à l'isla Incahuasi, île en plein milieu du salar bordé de cactus dont certains sont millénaires.
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Nous croisons un vol de flamants roses. Sur l'île nous avons pu voir une autruche. Autruches qui apparemment traversent le salar pour chercher de la nourriture!! Étonnant et totalement inattendu !!
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Nous reprenons la route en direction de l'hotel de sel où nous allons loger. Hotel à la lisière du salar et entièrement fait en blocks de sel.


Nous grimpons sur une coline pour voir le point de vue et chercher des fruits de cactus.

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Jeudi 18 mars 2010

Campement à côté de la Laguna Colorada


Je me lève avant tout le monde pour voir le soleil se lever...

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Nous repacketons nos affaires, chargeons le tout une fois de plus sur la jeep et c'est reparti. Direction la région du Sud Lipez, tout en longeant la frontière chilienne et roulons pour un petit moment à côté du train allant au Chili. Carte postale!
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Nous roulons dans une région faite de volcans en activité ou éteints aux sommets enneigés pour certains, (dont un qui a été frappé par une météorite il y a environ 200 ans sur un de ses flans), de lave et de corail fossilisés, de salars, de canyons, de lagunes colorées et de désert à plus de 4000 mètres d'altitude.

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Des paysages majestueux où il n'y a pratiquement pas âme qui vive si ce n'est vigognes sur les plaines, chinchilas dans les rochers ou flamants sur les lagunes.

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La route, c'est de la piste, aucun autre moyen de transport possible dans cette région sauvage.

Lunaire, martien...Je ne sais pas, mais je n'ai plus l'impression d'être sur terre.

 

Notre campement est à côté de la laguna Colorada. Nous voilà à près de 4300 mètres. Quel paysage!!!

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Demain Geysers, puits naturels d'eau thermale et Laguna Verde ( lagune verte) avant d'atteindre le Chili et San Pedro de Atacama.

 

Vendredi 19 mars 2010.
San Pedro de Atacama

 
Levée à 4 heures du matin après une nuit agitée car les gaillards de mon équipe ont décidé de bien faire la fête. Pour couronner le tout, j'ai attrappé la grippe. Je pense que les amis finlandais rencontrés entre Sucre et Uyuni ont été bien trop généreux et ont bien partagé leurs microbes! Donc c'est un peu le visage en forme de portrait de Picasso que je me lève.

Il fait nuit, il fait froid. Nous rechargeons la jeep et reprenons la route vers le sud et le Chili.

Premier arrêt dans un cratère à l'aurore. Cratères où l'on peut observer fumerolles, boue bouillonnante et puissants jets de vapeur à 60 degrès celsius sortant des entrailles de la terre...Il y a de la vie là-dessous. Le guide ne me rassure pas vraiment en me disant que ça peut exploser à tout moment !!!

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Deuxième stop: les sources d'eau chaude à 40 degrès au bord d'une lagune remplie de flamants roses.

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Troisième stop : Laguna verde ( lagune verte) et volcan Licancabur à cheval  sur la frontière Bolivie-Chili. Ce volcan fait 5916 mètres d'altitude et  se reflète dans l'eau verte foncée de la laguna verde. Carlos le guide nous accompagnant nous dit que les incas faisaient des sacrifices en laissant les sacrifiés mourir de froid  attachés en haut du volcan.

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Nous sortons du parc national et nous dirigeons vers la frontière chilienne.

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 Le gars qui vient récupérer les voyageurs à la frontière pour les amener au poste frontalier de San pedro de atacama ne rigole pas du tout et nous fait même peur en nous disant que nous sommes vraiment responsables de ce que nous faisons passer au Chili, de bien remplir la déclaration douanière, de ne surtout pas se tromper sinon nous serons bloqués plusieurs heures à la frontière...j'ai du donc déclarer...un fruit !!Ridicule!

Je pense que c'est surtout pour impressionner les jeunes voyageurs et montrer qu'au Chili c'est pas ''le joyeux bordel bolivien''...Moi qui voulait garder des sachets de thé aux feuilles de coca pour la digestion.Impossible car illégall! Même une bouteille de coca cola est illégal. Ils ne veulent rien savoir de tout ce qu'on appelle Coca et qui a été acheté en Bolivie. C'est vraiment  du grand n'importe quoi. Je vois maintenant combien la Bolivie est enclavée, s'est faite voler beaucoup de son territoire par le passé par le Brésil, l'argentine et le Chili et est mal vu par les autres pays l'entourant comme un pays de drogués! ( Alors que je vous le rappelle ceux qui consomment le plus de cocaïne sont les américains qui les montrent hypocritement du doigt!! Pffft). J'ai vraiment une vive empathie pour la Bolivie qui essaie de faire comprendre que la feuille de coca est utilisée depuis des millénaires dans les Andes comme plante médicinale ou rituelle avant d'avoir été transformée en cocaîne par ''les blancs'' dans le courant du 20ème siècle.

Nous passons donc de plus de 4000 mètres d'altitude à 2400 mètres à San Pedro de Atacama en moins de 40 minutes. Une descente un peu trop rapide pour mes oreilles qui supportent mal le changement de pression. J'arrive donc au poste frontalier avec les oreilles bouchées, l'impression d'être sourde et une douleur d'otite!! Pas franchement agréable. 5 heures plus tard mes oreilles se débouchent enfin! Dur le changement d'altitude!

San Pedro d'atacama est une petite ville-oasis dans le grand désert d,atacama au nord du Chili. Nous roulons sur une route asphaltée sans trous avec des marquages au sol, des panneaux de signalisation! Cho culturel! ca faisait longtemps que je n'avais pas vu ça ayant certainement fait plus de piste durant mon voyage que de route asphaltée!

 San Pedro de Atacama est une ville propre, belle, et très touristique. A me balader dans les rues étroites aux habitations aux maisons basses, aux petits restaurants propres à la décoration soignée, j'ai vraiment l'impresson d'avoir bel et bien changé de pays au niveau de vie plus élevé. C'est flagrand.

Après avoir passé les formalités douanières, je cherche l'office du tourisme car je n'ai aucun guide du Chili avec moi.

Tout ce que je sais de la région c'est ce qu'on m'en a dit durant mon voyage. On m'a parlé d'un astronome français vivant à quelques kilomètres de San pedro possédant télescopes géants permettant de voir nébuleuses, saturne et ses anneaux très nettement et autres. Je demande donc plus d'information sur ce monsieur à l'office du tourisme, on me donne une adresse. Je vais rencontrer ce monsieur demain soir et observer les étoiles avec cet aficionado du ciel.
j'aurais une pensée pour mon papa qui a toujours la tête dans les étoiles et qui aime observer le ciel...


Au revoir...A bientôt...

Émilie :-)

 

 

 

 

 

Par laviedeboem
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 21:14
Coroico, dimanche 28 février 2010

Partie de l'effervescente La Paz ce matin. Oh...J'ai oublié de vous mentionner notre soirée Lise et moi (et non des moindres) dans une pena ( prononcer Penia) sur la jolie Calle Jaen où nous avons assisté à un spectacle de musique traditionnelle . Des danseurs et danseuses en habits traditionnels, un groupe de femmes chantant à plusieurs voix et jouant de la musique andine ( guitare, charango, flûtes de pan, et octopad !!). Nous avons assisté aussi à une performance d'un certain pépé Murillo, un monsieur d'un certain âge, joueur de Charango, habillé comme un personnage de la croisière s'amuse , costume blanc avec noeud papillon noir, et coiffure ''banane gominée''...qui plus est le tombeur de ses dames! Un genre de crooner version bolivienne jouant du charango !!! Les sud-américains ont définitivement un sens inné du kitch. ON AIME!!!!
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Mes deux derniers jours à La Paz ont été un peu off pour cause...De troubles digestifs... Il était temps pour moi de changer d'air aussi, j'ai bien aimé mon séjour à La Paz, mais j'avais hâte de changer un peu de paysages et de température.

Pour ceux qui me suivent assidument sur ce blog, vous vous rappelez au dernier billet je vous avais parlé de deux choix qui s'offraient à moi pour partir vers le bassin amazonien.
 Les vols ont été annulé pour Rurrenabaque pour cause de pluie diluvienne ce week-end dans la région amazonienne ces derniers jours. Soit'...c'est pas ça qui va m'arrêter !! Je décide donc de partir de La Paz malgré le temps et mon tube digestif qui me jouent des tours ce matin pour Coroico dans la région des yungas à 100 kms au nord de La Paz...Têtue un jour, têtue toujours. ''Yungas'' pour information, est le nom qu'on donne aux plantations de coca ici.

J'attrappe donc un minibus, entendez par là une camionnette de locaux avec des ''cholitas'' ( femmes quechua et aymara avec le chapeau melon et habits traditionnels). La route grimpe jusqu'à la Cumbre, une crête de la cordillère à 4800 mètres où j'ai pu observer des plaques de neige sur le bas côté de la route. Nous roulons littéralement parmi les nuages, sur les versants abrupts et verdoyants de la cordillère. Peu de visibilité , ce qui n'était pas pour me rassurer. Je me fais copilote du chauffeur en lui nettoyant la buée sur le pare-brise. Ce qu'il apprécie et moi, ce qui me rassure.

J'emprunte donc non pas la route de la mort ( pour le moment) mais la nouvelle route plus sécuritaire ouverte depuis peu. Changement total de décors. C'est en fait tout à fait comme ça que je m'imaginais les andes. De majestueuses montagnes verdoyantes tapissées de jungle, des chemins boueux que nous traversons avec notre camionnette qui patine mais qui s'en sort sans qu'on descende pour pousser. Nous roulons tantôt sur une route goudronnée, tantôt sur de la piste et des restes d'éboulements. Le long de la route, des tunnels, des cascades, des ruisseaux que nous traversons également. Mon coeur d'aventurière se sent chez lui et bat fort. Ces paysages je les ai tellement rêvé depuis petite, et aujourd'hui j'y suis. C'est que du bonheur! Je débarque à Coroico 3 heures après avoir quitté La Paz. Ca m'a paru très rapide. Je n'ai pas perdu une miette du trajet !!! J'en ai pris plein les yeux!!!

 Coroico est un petit village à environ 1700 mètres d'altitude de 4500 habitants perché sur une de ces fameuses collines vertes émeraude. Première chose à faire...Me renseigner pour repartir de Coroico direction Rurrenabaque dans deux jours, (qui est à 15 heures de bus de Coroico!!! Je suis très motivée comme vous l'avez compris!!). Puis je me dirige vers l'hotel que j'ai repéré dans mon guide chargée comme une mule de mon sac de rando et mon petit sac d'excursions. Évidemment tout est en pente et mon hotel est tout en haut. Étant malade, j'ai décidé de me prendre quelque chose d'un peu mieux qu'un dortoir pour me reposer et être au silence donc à l'écart du village. Suer un peu ne peut pas me faire de mal, je commence à grimper. Je me sens l'âme d'une sherpa!

 Je grimpe, je grimpe...Et évidemment me trompe de chemin... J'arrive tout d'abord dans un camp militaire où un gardien (qui n'est pas vraiment zélé) m'indique donc un sentier pour me rendre à mon hotel. Sentier qui me parait vraiment des plus insolites pour un sentier menant à un hotel !? En effet, il m'a dirigé vers...le cimetière...Voyant mon air interrogatif il m'assure que c'est le bon chemin. Je pensais alors longer le cimetière mais pas du tout...Je m'en suis vraiment rendue compte quand en plein sur le sentier j'ai du enjamber...une tombe...!! Mais comme c'est l'Amérique du sud et que plus rien ne m'étonne vu qu'ici tout est ''un joyeux bordel'' et que tout n'est pas forcément à la place où on l'attend, je continue d'avancer sur le même sentier mais ça devient de plus en plus...''Junglesque''...Une machette commençait à être de mise! Là c'est officiel, le militaire m'a indiqué le mauvais chemin.
 J'arrive dans une petite cours où une vieille femme lave son linge dans un genre de lavoir en pierre. Je lui explique ce que je cherche...Elle me dit gentiment, étonnée de me voir là que je me suis trompée de sentier et que je dois rebrousser chemin ( Sans blague! ). Je rebrousse chemin, je croise une jeune cholita qui me dit de monter par un autre sentier ( je peux vous dire aussi que j'étais bien contente de ne plus être à 4000 mètres, parce que ça aurait corsé un peu plus ma petite rando improvisée, le manque d'oxygène n'aidant pas à trotter joyeusement avec mes petits poumons d'occidentale pas du tout sportive!!! (D'ailleurs, pour le coup, je vais revenir en pleine forme au Québec ça c'est une évidence!!!)...
Je trouve enfin mon hotel...Mais respirant comme un dark vador asthmatique comme si j'avais couru un 400 mètres...La sherpa du pauvre!

Très peu de touristes...La tranquilité absolue. Même une piscine en terrasse qui donne sur les montagnes verdoyantes alentours. Dans la cours, des bambous, des bananiers...Une douce brise et le chant des insectes locaux que je ne peux identifier. Ma chambre ( qui est soit disant un dortoir mais qui a deux lits simples!) a une vue splendide sur les montagnes dont les sommets sont lentement caressés par des nuages. Je vois une rivière marron qui dévale en face au creux la vallée, et des condors qui tournoient majestueusement à environ 50 mètres de ma fenêtre...Idyllique!
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Je fais la connaissance de Ludivine et d'Alexandre un couple de français trentenaire partis pour quelques mois également. Eux aussi se rendent à Rurrenabaque en bus. Nous décidons donc d'aller à Rurrenabaque ensemble demain et de vivre la galère des 15 heures de bus sur la route de la mort.

Je croise par hasard sur la place centrale de coroico Lise qui arrive de trois jours de trekk partant de la cumbre à Coroico. Nous nous retrouvons le soir pour notre possible dernière soirée ensemble durant notre périple! En effet, elle descend vers le sud avant de continuer vers le Brésil et rentrer en France via Rio de Janeiro et moi vers Rurrenabaque, au nord.

Rurrenabaque, mardi 2 mars 2010.

A Coroico, réveillée par des démangeaisons terribles aux jambes. Des plaques rouges. Réaction allergique aux piqûres d'insectes. Insectes qui ici ne te piquent pas, mais t'empalent ( Comme dirait l'humoriste français Patrick Timsit), te vampirisent goulument et font limite un bruit d'hydravion quand ils te passent à côté pour les plus gros!!!
Et pour le coup en fait ce ne sont pas seulement des moustiques mais des petites mouches qui vous sucent le sang jusqu'à se faire éclater des fois !!!Bien fait!!! C'est ce qu'on appelle ''avoir les yeux plus gros que le ventre''!! Je ne suis qu'aux portes de la jungle, ça promet pour la suite, sous quelle forme vais-je revenir à cause de cet escadron de voraces !!!???

Départ ce matin Pour Rurre'. ( À pronconcer Rouré tout ça en roulant les R! Bon courage!) Je quitte mon hotel paradisiaque et mes chers condors, je laisse ma clé à la gérante de l'hotel qui porte un perroquet vert sur son épaule ( qui ressemble étrangement à Picchu, le perroquet savant de Tao dans les cités d'or!!!), perroquet très calin se frottant sur la joue de la gérante comme un chat se frotterait à la jambre de son maitre...

Je descends de l'hotel donc avec mon chargement de pseudo sherpa, non pas par le cimetière cette fois-ci et 30 minutes plus tard, mais par le vrai sentier qui me mène en 5 minutes au centre ville ( Moi quand je me perds, je me perds hein!!!) ...

Je retrouve Ludivine et Alexandre sur la place du village. Nous attendons qu'un minibus vienne nous récupérer pour aller à Yolosita d'abord , un genre de carrefour où les bus pour La Paz et Rurre passent récupérer des passagers. Nous avons peur d'avoir un combi pour bus. Une chose est sûre ça sera un bus de locaux, tape-cul, sans toilettes, sans clim, bref aucun confort...Mais bon, au moins on pourra dire : ''Faire la route de la mort dans un bus pourri...Check!''... Comme on est ''des vrais'' on décide de foncer quand même!!! Et nous voilà embarqués pour 15 heures de bus dans CE BUS:

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Nous empruntons donc une piste de terre et de cailloux pas très large qui descend le long des hautes et verdoyantes collines des Yungas. Pour une fille qui voulait éviter de rouler sur une route étroite au bord de précipices vertigineux...C'est raté!!
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Quand nous croisons un autre véhicule notre chauffeur s'arrête au bord du ravin au maximum pour le laisser passer...Je retiens mon souffle et je fais confiance, j'ai une très bonne étoile et puis à quoi servent les voyages si ce n'est pour repousser ses peurs et ses limites? C'est ça la vie!!! Le chauffeur conduit bien. Ca devrait bien aller... La route est superbe!!!...

Entre le livre de la jungle et ce qu'on peut imaginer d'un film de Tarzan. De la jungle à perte de vue recouvrant les montagnes d'un vert émeraude éclatant sous les derniers rayons du soleil.

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 De la route, nous entendons le doux chant de divers insectes, des lianes pendent de grands arbres centenaires le long de la route. La nuit tombe , aucune pollution visuelle de villes alentours. Les espaces entre les quelques nuages présents dans le ciel laissent percevoir un ciel étoilé et la voie lactée comme j'avais pu observer dans le désert au Maroc. Je peux voir pour la première fois de ma vie des lucioles ainsi que plusieurs animaux sauvages au bord de la route. Magique!
La lune se lève et donne une lumière douce et bleuté dessinant le contour des arbres à l'horizon.

 Nous nous arrêtons pour manger. D'énormes insectes sur la terasse des restaurants comme par exemple un insecte d'environ 5 cms qu'on aurait pu confondre avec une feuille d'arbre vert tendre. Pas de doute, je m'en vais en terre inconnue!

 Nous déposons tout au long de la route de nuit des gens  qui demandent à descendre à des endroits vraiment perdus dans la jungle. Difficile de croire qu'il y a une maison par là et que des gens vivent complètement isolés des villes.
 Le toit des maisons est fait de feuilles de palmier séchées, des hamacs sont suspendus un peu partout.

Nous arrivons à 7H30 du matin, pas vraiment frais. 15 heures de bus c'est définitivement long!...
Alex, Ludivine et moi cherchons une pension. Nous nous promenons plus tard dans la ville sous une chaleur étouffante en quête d'une excursion à faire dans la jungle ou la pampa. Pas de taxi ici mais des motards qui embarquent des gens ( sans casque bien évidemment!).
Rurrenabaque, est construite le long de la rivière Beni proche du parc national Madidi.

Nous trouvons une agence puis une autre pour comparer les prix. Nous décidons d'aller ensemble à la Pampa et dans la jungle pendant 6 jours le lendemain... On enchaîne!!

Vendredi 5 mars 2010,
Quelque part dans la pampa amazonienne.


Nous partons en jeep sur une piste boueuse pour 3 heures de route plus au nord de rurre'.
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Nous sommes 7 personnes. Un petit groupe de téméraires près à braver toute la faune et les possibles pluies tropicales.

Nous embarquons ensuite sur une petite barque à moteur après avoir rencontré Juan-Carlo notre guide durant nos 3 jours de pampa.
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Durant nos 2 heures et demi de barque, nous avons pu observer oiseaux du paradis, cigognes, rapaces, charognards cousins du condor, singes capucins, singes hurleurs et dauphins roses!!!
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Nous arrivons au campement, il fait beau , très chaud, étouffant. Le campement est fait de petites cabanes en bois avec moustiquaires , sur pilotis qui communiquent par de petits pontons de bois d' 1m50 de haut. Des hamacs, un réfectoire, des douches froides basiques.
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 Et les animaux du campement, Pedro et Sara, les alligators qui restent sur la berge à 3 mètres du réfectoire.


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Impressionnant de pouvoir les voir d'aussi près dans leur habitat naturel. Les aligators sont des animaux territoriaux et solitaires. Chacun sa berge! Ils se rejoignent seulement pour s'accoupler. Ils peuvent vivre en moyenne jusqu'à 60 ans et n'ont qu'une portée par an. Plus ils vieillissent, plus ils grossisent donc plus ils peuvent avoir de bébés. ( entre 20 à 30 oeufs en moyenne).

Nous reprenons la lancha ( barque à moteur) pour nous rendre dans un genre de maison montée sur pilotis un peu plus loin sur la rivière pour admirer le coucher de soleil sur la pampa avec les dauphins roses qui montrent le bout de leur nez.
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Le soir après avoir mangé tous ensemble dans le réfectoire, Juan-Carlo notre guide, un autochtone du coin qui connaît la jungle et la pampa comme sa poche nous offre à Ludivine, alex et moi de mastiquer de la coca , coca qu'ils mastiquent à chaque fin de repas et quand ils ne se sentent pas trop en forme, la feuille de coca a apparemment des vertues thérapeutiques pour beaucoup de choses, renforcer le système immunitaire, troubles digestifs, fatigue etc...Il nous offre de boire également de la cachasa un genre d'eau de vie de canne à sucre ( vu mes troubles digestifs ces derniers temps, ça tuera sûrement les vilaines bactéries dans mon organisme...La vieille excuse!!). Nous mastiquons donc les feuilles de coca mélangées à du bicarbonate de soude pour faire sortir les principes actifs de la coca, ce qui nous anesthésie le côté de la bouche un peu comme chez le dentiste! Nous restons là assis sur un banc à écouter les histoires incroyables de Juan Carlo , sur sa vie difficile et ses histoires d'animaux sauvages. Un genre de crocodile dundee en quelques sortes!!

 Le lendemain, après avoir été réveillés par les singes hurleurs juste au-dessus de nos cabanes, nous reprenons la lancha (Barque à moteur) pour aller débusquer des anacondas! Juan Carlo nous fait accoster sur une berge boueuse. Nous commençons à marcher dans les herbes hautes, nous croisons des os de veau disséminés ci et là sur le sentier, veau qui selon Juan Carlo s'est fait dévoré par un jaguar ! ''Malheureusement'' après une heure de marche dans les herbes hautes , équipés de bottes en caoutchouc trouées marchant dans la boue et une eau noire jusqu'aux genoux, nous n'avons pu trouver d'anaconda et avons du rebrousser chemin à cause d'une pluie diluvienne. Malgré ça, je peux vous assurer que de marcher dans l'habitat des anacondas donne un petit frisson, cette grosse bestiole peut faire jusqu'à 9 mètres et mettre 3 mois pour digérer un veau! Il n'a pas de crochet venimeux comme les autres serpents mais des rangées de dents, piège sa proie avec la gueule , s'enroule autour d'elle et l'étrangle. Adorable !! Je demande à Juan de me parler de sa méthode pour les débusquer, il me dit simplement dans un sourire: ''il suffit que je marche et que je sente quelque chose bouger sous mes pieds et là je sais qu'il y a un anaconda''!!! Pour résumer, moi-même j'aurais pu marcher sur un anaconda et je peux vous dire que je ne suis pas sûre que j'aurais gardé mon sang froid !! Marcher dans une eau noire dont je ne vois pas le fond, c'est quand même un bon truc pour monter son taux d'adrénaline!!! Juan Carlo me montre sa main et ses morsures de cobra et d'anaconda...Je déglutis difficilement...Ces types n'ont absolument peur de rien!

Nous sommes rentrées en lancha sous une pluie tropicale. Comment ne pas apprécier ce moment ?! Qui n'a jamais rêvé de se laisser tremper sous une pluie tropicale en amazonie!?
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 A priori, nous ne pourrons pas non plus aller pêcher un piranha. Je me la coule douce dans le hamac en regardant les alligators et en écoutant les oiseaux tropicaux chanter. Que du bonheur !!!

René, un ancien guide vivant au campement à l'année longue nous dit que la pluie cessera sûrement à 14H et que si passé 14 heures il ne pleut plus, il ne pleuvra pas du reste de la journée. Nous sortirons néanmoins ce soir pour une petite virée nocturne et ainsi écouter et observer la faune de la pampa. La pluie se calme donc à 14H comme notre monsieur météo local nous l'a prédit. Pas besoin de matériel scientifique pour savoir le temps qu'il fait, un homme de la jungle ça sait tout sur tout!! Impressionnant!!

Nous partons pour une excursion surprise. Nous reprenons la lancha , circulant dans ce dédale marécageux. Nous pêchons le piranha! Piranha au souper!!!
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Nous allons apprécier le coucher du soleil sur la pampa une fois de plus.
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 Après souper, nous repartons et allons observer et écouter ce que la nature a à nous offrir de nuit, Juan carlo attrappe un bébé alligator, j'ai hâte qu'il le remette à l'eau , j'ai une certaine tendresse pour ces bestioles maintenant.
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 Nous nous arrêtons moteur éteint parmi les nénuphars. Noir total. Des grillons, des clapotis de grenouilles ou de poissons qui sautent, les lucioles, la voie lactée. superbe!

Samedi 6 mars 2010 Rurrenabaque.

Nous allons faire notre dernière excursion et ce coup ci pour aller nager avec les dauphins roses, l'eau est noire et j'avoue que sur ce coup-là je me suis dégonflée, après avoir pêché piranhas et avoir vu des alligators dans la même eau, même si les dauphins chassent les alligators, très peu pour moi!!!

Nous revenons au campement, faisons notre sac, repartons en lancha, le temps de se faire mordiller les pieds par les fourmis rouges sur la berge, puis jeep pendant 3 heures dans une chaleur intense .

Revenus à Rurre pour un soir avant de repartir le lendemain pour la jungle ( la selva en espagnol) , nous en profitons Alex, Ludivine et moi pour nous équiper un peu mieux. Nous allons dans des fripperies acheter des pantalons de rando à 3 euros, et haut blanc manches longues pour esquiver les moustiques qui apparemment ne voient pas le blanc. Du répulsif à moustique, de l'eau...Bref nous voilà près à vivre la jungle!!!

Mercredi 10 mars 2010. Rurrenabaque, de retour de la jungle.

OH LA LA!!! Quelle expérience j'ai vécu là!!! Mon coeur  a battu très fort ces 3 derniers jours je peux vous le dire!!! Quel bonheur d'avoir pu vivre la jungle!! Je vais essayer de vous le décrire du mieux que je peux, mais il y a eu tellement de données, je n'ai pas pu tout retenir!

 Premier jour: Nous partons du port de Rurrenabaque. Trois heures en lancha une fois de plus sur une rivière marron clair.
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 Nous naviguons difficilement à contre courant sur le rio Beni ( rio = rivière) très large à certains endroits et aussi très agité, très agité au point de former de grands tourbillons d'eau à côté desquels nous passons. J'ai pu observer un alligator et un capibara durant le trajet.

Nous empruntons un affluent du rio beni, pour naviguer cette fois-ci sur une rivière un peu plus calme, le rio Tuichi.

Tout autour, La jungle... Les animaux sauvages qui grouillent sous ces grands arbres touffus.
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 Très dépaysant. J'ai du mal à croire qu'il y a quelques jours j'étais sur l'atiplano à me geler!

Nous débarquons sur une petite plage boueuse, nous devons marcher quelques minutes avec notre équipement ainsi que des cartons de denrées pour les prochains jours jusqu'au campement au coeur de la jungle .Nous pénétrons dans la jungle donc. Ayant plu pas mal ces derniers jours apparemment, le sentier prend des allures de mare à certains endroits. Le guide avec sa machette nous cherche un autre chemin pour qu'on ne se mouille pas les pieds, aucun passage, pas le choix, nous devons nous déchausser et marcher pieds nus dans cette eau boueuse dont on ne voit pas le fond non plus!!!...Nous continuons le chemin pieds nus dans la jungle, le guide marche devant nous avec sa machette et nous, nous dégoulinons parce que la température est tropicale, chaude et très humide...

Arrivée au campement. Une cuisinière et 5 guides vivent ici à l'année longue.
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 Quelques cabanes avec moustiquaires, une cuisine rudimentaire, pas d'électricité, de grands arbres centenaires, des lianes, beaucoup de moustiques, des papillons multicolores, plusieurs mètres de fourmis rouges marchant en file indienne trainant des morceaux de feuilles ou autres miettes sur leur dos se rendant d'un trou de fourmilière à un autre. Dans les arbres, des oiseaux tropicaux, des nids de termites d'environ 50 cms de diamètre. Un son permanent de cigales, de chant d'oiseaux, de cris de Aras ( les grands perroquets multicolores),branches de palmiers, fruits tombant au sol, des fougères qui bougent d'un seul coup sûrement à cause d'un animal quelconque qu'on ne voit pas mais qui lui nous voit . Délicieusement effrayant!!

 Nous rencontrons notre guide José-Luis. Un drôle de phénomène et qui plus est le vrai cliché d' un homme ayant vécu dans la jungle toute sa vie. Pantalon treillis, bottes, machette, barbe de trois jours, pas coiffé, chemise dégueulasse, un homme qui sent la jungle : un vrai !!!! Un genre d'indiana Jones version bolivienne !! Je sens qu'il va m'apprendre un tas de trucs!!!

Nous partons faire notre première randonnée dans la jungle. Nous nous amusons à nous suspendre et à nous balancer à des lianes accrochées à de grands arbres de plus de 70 mètres de haut.
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Le thème de nos diverses excursions sera sans aucun doute: ''comment survivre dans la jungle''. comment se soigner, se nourir, boire et rester en vie malgré la vie sauvage qui grouille tout autour de nous.

 José marche devant nous donnant quelques coups de mâchettes de temps en temps pour dégager le sentier qui change de forme tous les jours. Les arbres tombant souvent à cause d'un sol trop imbibé d'eau et d'un vent fort les déracinant.

José fait quelques arrêts pour écouter les sons de la jungle et ainsi nous diriger vers les animaux. Il s'arrête aussi devant un arbre énorme, nous demande de reculer, donne un coup de machette sur l'écorce, un liquide blanc en sort. Du curare. Curare dont les indiens se servent pour mettre au bout de leurs flèches et chasser les animaux. Produit tellement toxique que si l'on s'en met un peu sur les yeux on peut perdre la vue, ou sur la peau faisant office d'acide vous rongeant la peau.

José nous montre un nid de termites et n'hésite pas à se plonger les doigts dedans pour en manger quelques unes au passage. Les termites étant une bonne source de protéïne.

 Il nous montre aussi une petite tarentule qui dort sur une feuille il la prend dans sa main. Apparemment une tarentule ça a le sommeil lourd! Mais en voir une comme ça sauvage, c'est pas super rassurant,même si on nous dit qu'elle dort!
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José s'assoie à côté d'un tronc d'arbre, prend une petite branche d'arbre la plongeant dans un petit trou en dessous d'une racine. De ce petit trou sort une tarentule noire et énorme ( environ 15 centimètres de diamètres!)
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 Il agite la petite branche devant la tannière de la Bête pour simuler un insecte. La tarentule se jette littéralement sur la branche, puis retourne dans son trou comprenant bien qu'il n'y a finalement rien à manger. La femelle reste tout le temps dans le nid le jour. Le soir elle en sort pour chasser à l'entrée de son nid. Quant au mâle, il est est mobile durant la nuit. Une tarentule ça saute nous dit José. Séquence frisson! Dire qu'on va marcher là-dedans de nuit demain!!

Un peu plus tard José s'arrête encore et commence à attaquer une liane à coups de mâchette sans rien nous dire.
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Il en découpe plusieurs tronçons et de l'eau coule abondamment du bout de la liane. En effet, il y a un type de liane qui absorbe l'eau du sol et qui est donc gorgée d'eau. Voilà comment ne pas mourir de soif dans la jungle si l'on ne trouve pas de cours d'eau dans les environs.

Un peu plus loin, nous entendons des grognements et un pas lourd sur le sol. Nous suivons le bruit et nous les apercevons.Toute une famille de cochons sauvages! Vous me direz rien de très impressionnant, mais quand une famille d'une 50aine de cochons sauvages aussi gros que des sangliers commencent à partir dans tous les sens une fois qu'ils vous ont aperçu, c'est assez intense, on dirait qu'ils vont nous charger !!!

Je dois faire une petite parenthèse sur une question fondamentale: Le transit et l'état de saleté dans lequel nous sommes ces derniers jours mes confrères voyageurs et moi-même !!! Nous sommes depuis la Pampa dans un état de saleté incroyable et sans aucun complexe ces derniers jours! Tous dans le même bateau et tous malades de la turista, de la salmonelle pour certains ou à cause de la malarone ( médicament contre la Malaria) , laissez-moi vous dire que ça donne des conversations plutôt ''pipi-caca'' entre voyageurs du genre '' Alors aujourd'hui caca mou ou caca dur? ''Combien de fois tu y es allé aujourd'hui? ''  etc etc...amis de la poésie bonsoir !!... En effet, être malade en voyage, ça peut vous mettre votre itinéraire et vos journées en l'air. Quand vous prévoyez de faire 8 heures de bus par exemple et qu'avant de quitter votre hotel vous avez une crise de tourista intense, vous devez la jouer tactique. Rester à vous reposer en attendant que ça passe pour voyager dans de meilleures conditions physiques ou bien manger tout ce qui peut vous constiper ( Carottes, chocolat noir, eau de riz, riz, bananes etc...)...Et bien sûr les fidèles immodiums !!! Par ailleurs, ici un habit est sale non pas lorsqu'il est tâché de partout mais quand il a une odeur ''supportable''. Tout est relatif comme on dit et étant donné le contexte amazonien, mieux vaut ne pas s'attendre à rester propres et à faire sa chochotte ( moumoune pour les québécois).

Le soir quand nous voulons nous doucher , n'ayant pas d'électricité, nous allons à l'autre bout du campement nous doucher avec notre lampe frontale! Là aussi c'est tout un rituel. Inspecter tous les coins et recoins de la douche sommaire où papillons de nuit aussi gros que mon poing, areignées et cafards galopent joyeusement dans la douche. Mais comme il fait beaucoup trop chaud on arrive à relativiser , à retrouver son sang froid et à prendre la douche avec quelques précautions pour ne pas se faire surprendre par un insecte.

Deuxième journée: Nous voilà repartis vers une autre direction en promenade dans la jungle. Nous grimpons sur des grands arbres à l'aide de liane, ça me rappelle mes jeux d'enfant dans le jardin de mes parents!

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 José tape avec sa machette sur divers troncs. Dont un qui abrite une grosse fourmilière. Fourmilière qui abrite des milliers de fourmies noires d'environ 2 cms avec de grosses mandibules.

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 Fourmis cousines des fourmis guerrières. En effet, celles-ci sont toxiques et peuvent avec une seule morsure vous paralyser le bras pendant 24 heures avec d'intenses douleurs. Je peux vous dire que quand vous voyez une seule fourmi se diriger vers votre pied et que votre guide vous dit ''attention!'' vous vous exécuter et vous reculer. C'est pour cela qu'il nous fait mettre notre pantalon dans nos chaussettes ou nos chaussures hautes pour éviter que des bestioles indésirables nous grimpent à l'intérieur du pantalon, que l'on panique et que ça se termine mal.

Nous trouvons au sol des traces de jaguar mais n'avons hélàs pas eu assez de chance pour en observer un. Comme on dit ici: '' nada es seguro, todo es posible'' ( ''rien n'est sûr, tout est possible'' Il faut être au bon endroit au bon moment et il n'est jamais certain de trouver le même animal à la même place.

José une fois de plus s'arrête et prend quelques feuilles d'un arbre dans sa main et commence à les écraser. Comme à l'habitude on se regarde Alex, Ludivine et moi se demandant ce qu'il est en train de faire. Il demande un peu d'eau, et sous l'effet de l'eau, les feuilles rendent un liquide pourpre, José me dit de m'approcher et commence à me faire des peintures de guerre sur le visage.
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 J'ai l'impression de faire un rituel initiatique pour savoir si je suis capable de vivre dans la jungle ou non.

Nous ramassons tout au long de la randonnée des petites noix , et baies pour faire de l'artisanat plus tard dans la journée. José nous fait goûter aussi des fruits de la jungle qui ont le goût de fruits de la passion, de mangue, etc. Il cueuille aussi un autre fruit jaune . Du cacao.
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 À l'intérieur, des petites graines à la peau sucrée. A l'intérieur de cette peau sucrée, la fameuse graine noire qui permet l'extraction et la confection de cacao comme on le connaît.

Nous rentrons au campement. Après-midi artisanat. Au programme: bagues en noix de coco et colliers. on découpe une petite noix à la scie, on enlève l'intérieur à l'aide d'un couteau, on ponce avec trois papiers sablés différents au grain de plus en plus fin puis sur la terre. Pour finir on met un peu de cendre dans sa main et on frotte pour lustrer. Résultat en image:
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Le soir venu, nous partons pour une virée nocturne dans la jungle. Je peux vous dire qu'on en mène pas large dans la jungle sachant que la plupart des animaux sont plus agressifs , sont réveillés et chassent souvent davantage la nuit. Les tarentules surtout. Je suis donc José de près, je marche où il marche. Le but du jeu c'est d'éteindre toutes nos lumières quand lui pointe quelque chose avec sa lampe histoire de ne pas avoir de pollution visuelle. Ce qui veut dire aussi que certes on voit l'animal qu'il nous montre mais plus ce qui grouille à nos pieds.
José nous demande aussi quelque fois d'éteindre tous nos lampes y compris la sienne, nous nous retrouvons dans le noir complet la lumière de la lune ne passant même pas à travers la végétation dense. Délicieusement effrayant là encore! Nous voyons grenouilles de toutes les tailles, tarentules, rongeurs.

Troisième jour: Dernier tour dans la jungle, José nous montre encore beaucoup de choses sur les arbres et les plantes médicinales, certaines écorces d'arbre peuvent s'écraser formant une pâte que l'on fait infuser pour régler des problèmes d'anémie et des troubles digestifs comme brûlures d'estomac etc. Dans certaines lianes, en grattant le coeur de celle-ci un peu on obtient une pâte cicatrisante à appliquer sur coupures et écorchures. La jungle est la plus grande pharmacie du monde, tout est là! Il y a l'essentiel ici, boire, manger, se soigner.

José s'absente quelques secondes rebroussant chemin en nous disant de l'attendre. Deux secondes plus tard on entend coups de mâchette et une grande feuille de palmier tomber. Il arrive, branche à la main, s'installe sur un tronc et commence à tailler la tige de la feuille. Nous comprenons qu'il va nous confectionner un éventail tressé en feuille de palmier. 5 minutes pour ce faire. Impressionnant.
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 Nous observons encore tarentules, serpents et cochons sauvages.

D'après José, me voyant crapahuter dans les arbres et la jungle depuis trois jours, je pourrais très bien vivre dans la jungle parce que je m'adapte vite. Étrangement et je l'avoue, c'est un des plus beaux compliments qu'on m'a fait jusque là moi qui me sens un coeur d'aventurière depuis petite...!! Je me sens très bien dans la jungle. Je respire à plein nez l'air pur de la jungle en me disant que ce sont les poumons du monde. J'ai l'impression de respirer avec la nature et de faire partie d'elle, à son rythme plus que jamais, il me semble que je ne pourrais pas être plus naturelle que ce que je suis ces derniers jours au coeur de la jungle.

Nous repartons un peu plus tard en lancha avec tout notre équipement .
Retour à Rurrenabaque par le rio Tuichi et le rio Beni. Je suis triste de quitter cet endroit fabuleux même s'il n'y a pas grand chose niveau confort, que je suis sale, que je suis couverte de boutons de moustiques, que je dégouline d'avoir trop chaud...Je souhaite de tout coeur revenir ici un jour, pour plus longtemps!! Je souhaite encore apprendre sur la jungle, cet endroit à la fois dangereux et merveilleux.

De retour à Rurre, Alex, Ludivine et moi cherchons une nouvelle auberge avant d'aller rejoindre notre ami guide José pour descendre quelques bières avec lui. Il nous a parlé un peu plus de la condition des guides en Bolivie sous payé ( 6 euros par jour malgré toute la responsabilité qu'il a), ce qu'il faisait avant d'être guide, sa vie, les histoires étranges de la jungle. Il nous a parlé d'un certain dueno de la Selva (à prononcer duenio) , l'esprit de la jungle. José n'a pas peur de grand chose à priori mais il nous a expliqué qu'un jour accompagné de deux touristes, il a fait une virée nocturne dans la jungle. Et au lieu d'un brouhaha d'insectes et autres animaux, un silence complet tout d'un coup et un genre de gémissement au loin. Ils sont vite rentrés, José n'avait rien dit aux touristes de peur de les effrayer. Mais leur a dit après qu'il n'avait jamais vu ni entendu une chose pareille dans la jungle alors qu'il y a passé toute sa vie. Heureusement pour nous, il ne nous a pas raconté cette histoire avant d'aller dans la jungle la nuit!! Comme la nuit notre imaginaire est décuplé, et comme il y a toujours des trucs qui tombent des arbres ( fruits, feuilles...etc) et en sachant que les tarentules sautent sur leur proie, le moindre truc qui nous tombe dessus durant la nuit , on peut s'imaginer que c'est une grosse bestiole qui nous court dans le dos.

Cela dit, je comprends aussi ( mieux vaut tard que jamais) après ce trop court séjour dans la jungle, que VRAIMENT comme me disent mes parents depuis que je suis petite '' Les petites bêtes ne mangent pas les grosses'', les animaux que j'ai pu observer que ce soit dans la pampa ou dans la jungle veulent qu'on les laisse tranquilles, quand on s'en approche trop ils s'en vont dans la direction opposée. Même chose pour les serpents, les tarentules qu'on diabolise dans les films. Je n'aurais jamais pensé dire ça avant  de vivre la jungle comme je l'ai vécu ces derniers jours. J'ai tellement appris sur le comportement animal, les plantes, la vie dans la jungle que ça la rend moins effrayante.

La Paz, jeudi 11 mars 2010.

De retour à la Paz après un vol de 45 minutes dans un vieux coucou, décollage sur piste faite d'herbe et de terre, survolant jungle, rivière marron, yungas et...Cordillère royale! Magnifique!!

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Demain je pars pour Sucre ( prononcer Soucré)

Ma prochaine grande étape sera le salar d'Uyuni et les lagunes du sud Lipez avant de me diriger vers le nord du Chili.

Au revoir...A bientôt!

Emilie ;-)
Par laviedeboem
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 20:25
Dimanche 21 février 2010.
 La Paz, Bolivie.


Je suis partie hier matin de Puno longeant le majestueux lac Titicaca direction la frontière bolivienne!

Et plus exactement pour la ville de Copacabana (eh non rien à voir avec la plage du Brésil, je ne suis pas arrivée si loin dans mon voyage!!).
Copacabana étant ma dernière étape au bord du lac.
Arrivés la frontière, nous devons descendre du bus et continuer à pied en passant à travers un grand arc de pierre marquant ainsi la frontière entre le Pérou et la Bolivie.

Le poste frontalier est une vraie blague. Aucune question . Un tampon sur le passeport et c'est réglé.
Nous remontons dans le bus, Copacabana est juste à 8 kilomètres. Une fois arrivée, je me mets en quête d'une pension pour la nuit. La rue la plus proche de la station de bus est une rue touristique, les prix sont élevés et le nombre de gringos au mètre carré aussi. Enfin, quand je dis que les prix sont élevés c'est relatif. 50 bolivianos soles ( 5 euros).
Je cherche un peu moins cher. Je trouve dans une petite rue à l'écart du centre une pension et me trouve une chambre pour 25 bolivianos avec salle de bain privée! ( 2,50 euros!!). Oui le ton est donné, voyager en Bolivie ne cassera pas ma tirelire. Pour vous donner une idée du coût de la vie, ici on peut bien manger pour environ un euro.

Je vais me promener un peu dans la ville. C'est jour de fête une fois encore, les gens du village sont pour la plupart habillés de leurs plus beaux costumes de carnaval, de couleurs vives avec des broderies argentées, de grands chapeaux.
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 Ils dansent , courent tous à la file indienne en chantant ou en poussant des cris de joie. Ce n'est pas un mythe les latinos ont le sens de la fête. Il y a des stands où certains s'improvisent DJ pour faire danser les gens sur un son saturé sortant de vieilles enceintes bidouillés qui grésillent et des groupes de Cumbia ( musique rythmée d'Amérique Latine) sur des petites scènes interprétant chansons d'amour mélodramatiques ( tellement latino! ). Hommes et femmes bières à la main en train de faire la fête sur la grande place. Même les femmes au fameux chapeau melon sont saoules. J'avais dans l'idée d'être dans un pays macho donc surtout des hommes qui boivent en public sans aucune modération. Que nenni les femmes aussi...!!

Ce matin, je prends un bus pour La Paz. En effet j'aurais pu rester à Copacabana un petit peu, visiter l'isla del sol qui est apparemment le berceau de la culture Inca car ce serait là que le premier inca serait apparu comme par magie! 
Mais j'ai plongé dans la lecture du guide sur la Bolivie la veille et je me suis dit que je devais aller un peu plus à l'essentiel pour voir vraiment tout ce que je voulais voir. Il me reste 44 jours pour faire la jungle, quelques villes en Bolivie comme Cochabamba, Sucre, le salar d'uyuni, le sud Lipez, revenir par le nord du Chili et son désert d'Atacama, repasser par Arequipa puis Cuzco, peut-être Macchu picchu s'il est réouvert (et si j'ai encore de l'argent surtout), puis repartir le 6 avril à Lima. Beaucoup de choses merveilleuses à découvrir encore donc et le temps qui court à une folle allure!!!!!!

Je pars donc de Copacabana.
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 Nous longeons encore le lac tellement grand qu'on dirait une mer par certains endroits !

On nous fait descendre du bus car nous devons traverser le lac et un genre de petit détroit. Je prends donc une petite barque à moteur pour me rendre de l'autre côté. Quant à notre bus, il est sur un genre de grand traversier en bois muni de vieilles planches pourries...Épique!!! Mais ça marche!!
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 Ici les gens sont les rois du bricolage en tout genre. Je pense que c'est quelque chose de commun dans les pays en voie de développement. j'avais dèja pu observer ça au Maroc également. On récupère des tas de trucs on fait du temporaire et du fonctionnel avec du vieux. Tant que ça fonctionne , c'est ce qui compte. Et on se soucie peu de la sécurité. Non , disons qu'on n'a peut-être pas la même notion de la sécurité ou tout simplement qu'on n'a pas les mêmes moyens pour rendre les choses sécuritaires alors on fait avec ce qu'on a. Ce qui me fait dire qu'en occident, on est bien trop prudents! c'est comme la conduite ici , le clignotant ne sert à rien. On klaxonne pour dire qu'on est sur le point de faire quelque chose. Mais quoi? Tourner or not tourner, telle est la question. Et ça semble très bien fonctionner comme ça.

 Nous remontons tous dans le bus après la traversée du lac. Après deux heures de route, nous longeons la cordillera Real...Magnifique!
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 L'arrivée à La Paz ( ''la Paix'' en espagnol) est des plus impressionnante aussi. Nous arrivons donc par le haut de la Paz par la ville d'El Alto ( Le haut).
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La Paz...Capitale la plus haute du monde, 830 000 habitants. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre...j'ai entendu dire qu'il y avait énormément de criminalité et qu'il fallait donc être un peu plus à l'affût...Comme d'habitude je ne me fierai qu'à ma propre expérience de La Paz.
Premières impressions...C'est une ville énooooooorme!!!! Et LA PAZ n'a absolument rien de paisible. Une véritable fourmilière. Ici les combis, colectivos et autres moyens de transports en commun comme les micros ( vieux bus colorés) sont les rois de la route.
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 Les passants essaient de se frayer un chemin comme ils peuvent, des policiers font un semblant de circulation, et des zèbres aussi, pour sensibiliser la population au simili code de la route qu'il reste dans le quotidien des sud-américains, parce que pour traverser c'est vraiment l'anarchie complète!

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 Je descends de mon bus, je repère ma pension ( 2 euros en dortoir). Un vrai repère de backpackers du monde entier. Beaucoup de français, et de japonais surtout. Apparemment pour les français, le Pérou et la Bolivie sont des destinations '' à la mode'', j'en rencontre beaucoup plus que dans mes autres voyages. Beaucoup d'argentins aussi ce qui m'aide à me familirariser avec leur accent et par la même occasion me donne davantage envie d'y aller un jour!

Demain, je retrouve ma pote française (Lise) que j'avais rencontré à Arequipa au monastère Santa Catalina et revu à Puno. Nous nous suivons...

22 février 2010, La Paz.

Je retrouve Lise. Nous déambulons dans ce qu'ils appellent '' Le marché aux sorcières'' , sorcières qui en fait sont des vendeuses de plantes aux effets thérapeutiques, de potions, de foetus de Lama séchés et autres choses non-identifiables...
 Puis la rue de l'artisanat. Artisanat qui ressemble à l'artisanat péruvien. Bonnets, lyiglias, poupées en tissus et en laine, bracelets en cuir, bijoux en argent aux motifs andins, vêtements en laine d'alpaga pour les petits et les grands, vendeurs de pierres fossilisées.

Beaucoup de mendicité dans les rues. Surtout des viellards...Et surtout des vieilles femmes venant de la pampa qui sont venues en ville pensant qu'elles gagneraient mieux leur vie ici.

 A la Paz, on trouve de tout!!! Plein de petites échoppes le long des trottoirs, CD, DVDs piratés, pizzaiolos, objets de contre-façon, vendeurs de stylos, d'agendas, de semelles de chaussures, de carte mémoire pour appareil photo, de clefs USB, de revues, de peluches quelques peu défraichies, de cigarettes, de bonbons, de chewing-gums, de maïs et haricots grillés, vendeurs de potions énergisantes à base de plantes ou racines macérées, de cosmétique, de jus d'orange, de soupe, d'empanadas fourrés à la viande ou légumes que les gens entassés tout autour du stand mangent debout sur le pouce...
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...des gens se font cirer les chaussures par des jeunes cagoulés ( ce sont pour la plupart des jeunes qui font ça pour payer leur école ou aider leur famille et ils se cagoulent pour éviter d'être victime de discrimination sociale envers leurs camarades d'école notamment)

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...et aussi des vendeurs d'appels téléphoniques. En effet, ici il est très courant de voir des petites échoppes qui font office de téléphones publiques. On appelle ça ''les llamadas'' ( appels). On paye donc une petite pièce en échange d'un appel. Très pratique!

Et aussi.. une vente parallèle à tout ça et non des moindres en Amérique du sud comme vous pouvez vous en douter... Les vendeurs de cocaïne...Qui ne s'affichent pas, qui sont discrets mais qui sont bien là , partout. dans les restaurants, dans la rue et les commerces.

Vente de cocaïne qui est tout à fait illégale ici mais plus ou moins tolérés par les autorités à condition de verser un petit bakchich aux policiers sous-payés et donc corrompus jusqu'à l'os si vous êtes pris en détention de coke sur vous... En effet...La Bolivie, 3ème pays grand exportateur de cocaïne après la Colombie et le Pérou. À la base la coca est une feuille à mâcher ou à infuser pour éradiquer ou rendre un peu plus supportable le mal des montagnes, tout à fait légal et inoffensif, il servait d'anesthésiant déjà chez les incas lors des trépanations ou opérations alors qu'en occident nous en étions encore à donner de grands coups sur la tête pour assomer la personne qui allait subir une chirurgie.

Mâcher la feuille de coca aide apparemment  l'oxygénation, a des effets relaxants, et est très nutritive. Un genre d'adaptateur naturel à la vie en altitude.

Quand les espagnols sont arrivés, ils ont interdit la mastication de la coca, car la coca aussi représente un moyen de rentrer en contact avec le monde des morts, et était donc un frein à l'évangélisation de certains indiens.

Néanmoins , les conquistadors se sont rendus compte  que sans la feuille de coca les andins travaillaient moins bien, ils ont donc instauré un système de paye à la feuille de coca selon l'effort fourni au travail. ( Pfff )

Jusqu'à la fin du 19ème siècle la cocaïne était légale en occident étant utilisé comme  anesthésiant en pharmacologie.

J'ai appris aujourd'hui en  visitant le musée de la Coca que freud est le premier cocaïnomane recensé de l'histoire et qu'il en a même fait un cancer du nez .

Apparemment de ce que j'ai pu observer ou de ce qu'on m'a raconté, ce sont surtout les gringos qui en achètent car ici ça ne coûte trois fois rien. Et apparemment, il est très facile de s'en procurer. Personnellement, c'est un monde qui est très loin de moi et qui me met très mal à l'aise.

En effet, certains ados ici préfèrent vendre de la coke plutôt que de faire des études parce que c'est évidemment bien plus lucratif...
C'est pour cela aussi qu'il me faut faire attention avec qui je voyage. Imaginons que je voyage avec quelqu'un qui en porte sur lui, que je ne suis pas au courant du tout, un flic nous contrôle, il ne fera sûrement pas la distinction entre le porteur de coke et moi qui n'achète ni ne consomme cette saloperie.
Et des fois ce ne sont pas les plus marginaux au niveau look qui en consomment le plus!! C'est aussi ça la réalité du pays.
Malgré ça il semblerait que le gouvernement lutte contre les narco-trafiquants. Lutter jusqu'à quel point je ne sais pas...Il doit bien y en avoir qui se graissent la patte au passage?!
 Ici la peine encourue pour détention de cocaïne est de 8 ans de prison ferme. Je ne comprends pas trop cette prise de risque, ces soit disant quelques minutes de plaisir contre 8 ans d'emprisonnement dans des geoles sûrement sordides d'Amérique du sud !!

 Drôle de paradoxe...Souvent l'occident montre du doigt les pays producteurs et exportateurs de cocaïne et leur font soit disant la morale, mais s'il n'y avait pas autant de demandes de nos pays, des touristes occidentaux, ce marché s'effondrerait sûrement...Les enfants iraient sûrement davantage à l'école. Parce que de ce que je comprends ici ce sont surtout les occidentaux qui en consomment le plus. au musée j'ai appris que les états-unis qui ne représentent que 5% de la population mondiale représentent  aussi 50% des consommateurs de cocaïne au monde... Quel business sordide...Je vous laisse méditer là-dessus...

Malgré tous ces aspects peu reluisants de La Paz, ça reste une ville effervescente et intéressante à visiter. Nous avons donc visité avec Lise le musée de l'ethnologie et du folklore bolivien. Un petit musée très bien fait sur la technique ancestrale de la céramique andine, des masques de carnaval, des costumes traditionnels... 
Marcher dans les rues en pente du centre de La Paz est un vrai régal. Tellement de choses à voir, à faire, à visiter, à sentir, à goûter...et tous ces gens pressés qui s'entrechoquent, se croisent, les rabatteurs des combis qui crient le tarif et la destination du combi tous en coeur, les vendeurs de rue, la mélodie des klaxons, le bruit des vieux moteurs et de boîte de transmission des Micros, les musiques latines qui s'échappent des restaurants ou des taxis...si vous êtes de nature agoraphobe oubliez La Paz en tout cas! 

Mardi 23 février 2010.

Je retrouve une fois de plus Lise, et nous dirigeons en colectivo dans le sud de la ville, 600 mètres plus bas pour marcher dans la vallée de la Lune. Je ne sais pas si la lune ressemble vraiment à ça, mais les formations de roches argileuses sont des plus étranges.
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 La couleur blanchâtre contrastant avec les montagnes rouges et vertes entourant le site donne un petit côté irréel et décors de cinéma.
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Nous revenons ensuite dans le centre de La Paz, ou comme à l'habitude , une fois par jour nous avons le droit à notre orage , ondée, grêle. C'est comme ça depuis que je suis en altitude.

 Je me suis renseignée aujourd'hui pour aller dans l'Amazonie.

Deux choix s'offrent à moi si je décide d'y aller. Prendre la fameuse '' route de la mort'' qui est en fait une piste partant de La Paz, piste creusée dans la montagne faisant 3,50 de large au bord d'un précipice pouvant atteindre 600 mètres de profondeur.

Certains la descendent en vélo en partant de la cordillère jusqu'au village de Coroico. Partant à plus de 4500 mètres jusqu'à environ 1500 mètres d'altitude. Ils appellent ça '' la route le plus périlleuse du monde. et pour cause, environ 60 autobus par an finissent dans le ravin, à cause surtout de chauffeur saouls ou trop fatigués pour faire le chemin la nuit. Depuis quelques temps, ils ont creusé un autre chemin sur l'autre côté de la montagne, goudronné , plus long mais moins dangereux.

En ce qui me concerne donc, en sachant tout ça et détestant rouler au bord des ravins, même si c'est un chemin très emprunté chaque jour, j'opterais bien pour la voie des airs. Prendre un vol intérieur en petit coucou à hélice ( décidément moi qui déteste l'avion, il me semble qu'après ça je ne pourrais plus en avoir peur!!), un petit avion donc partant de La Paz jusqu'à Rurrenabaque dans le bassin amazonien à l'entrée du parc national Madidi. 45 minutes de vol au lieu de 21 heures de bus (et encore 21 heures quand tout se passe bien c'est à dire sans panne, sans crevaisons, sans pluie diluvienne pouvant causer éboulements et glissements de terrain et autres ...) j'ai lu qu'à Rurrenabaque, il était possible donc de loger dans la jungle, et de faire des excursions du style débusquer accompagnés de guide du coin, des anacondas ainsi que pêcher des piranhas, découvrir la faune et la flore amazonienne à bord d'une barque à moteur voguant sur une rivière marron infestés de caïmans. Très exotique tout ça!!

Et je vous rassure, tout à fait sécuritaire car c'est un coin très touristique. Cela va me permettre aussi d'aller chercher un peu de chaleur...Et aussi de me faire dévorer par les moustiques voraces à cette période.

Mercredi 24 février 2010.

Lise et moi partons à la recherche d'un mirador sur les hauteurs de La Paz pour voir toute l'étendue de la capitale. Prendre le bon colectivo a été une aventure en soi, du style ''pékin express'', à faire des grands signes pour arrêter tous les colectivos et demander où ils s'arrêtaient. Et je peux vous dire il y en a un tas de colectivos du style westfalia ( petites camionettes wolkswagen) pouvant embarquer 9 à 12 personnes serrées comme des sardines.

 Ils nous laissent au bord de l autoroute, dans un virage, que nous devons traverser pour nous rendre au mirador de l'autre côté.

La vue est splendide. Du mirador on peut voir aussi le sommet enneigé du Huayna Potosi. Le Huayna Potosi ( 6088 mètres) qui tranche avec le vert tendre de la pampa. Parait-il que ce volcan est très accessible pour les alpinistes débutants. Non...Si certains se posent la question, je ne le gravirai pas...Mon goût du challenge a ses limites!
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Nous redescendons, avec un autre colectivo au chauffeur qui ne lésine pas sur l'accélérateur.

De retour dans le centre de La Paz, nous nous dirigeons vers la rue coloniale, la Calle Jaen ( calle = rue), une rue étroite avec des maisons de toutes les couleurs.

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Demain, je devrais aller visiter le site archéologique de Tiwanaku!

''Au revoir...à Bientôt...''

Émilie ;-)
Par laviedeboem
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 18:33

Dimanche 14 février 2010,

Puno, lac Titicaca.


Je prends un autobus direction Puno. Je quitte Arequipa et les amis arequipenos rencontrés là-bas avec un petit pincement de coeur. Mais je dois continuer ma route vers le sud.

Nous réempruntons un peu la route du canyon del Colca mais cette fois-ci donc en direction du mythique lac Titicaca ( Titi Khar'ka qui signifie en langue Aymara ''puma de pierre''). Nous traversons une pampa ( plaine ) verdoyante où là encore, moutons, vaches, alpagas, vigognes paissent tranquillement au grand air, sans enclos et plus ou moins surveillés par des bergères vêtues de leurs costumes traditionnels assises dans l'herbe en train de tisser pulls ( Chompa) ou bonnet péruvien.
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Nous sommes tantôt arrêtés une fois encore par des troupeaux qui traversent la route tantôt par des défilés de gens avec des costumes hauts en couleur dansant sur des rythmes andins. Zamponas ( flûtes de pan) et tambours raisonnent dans les rues des villages que nous traversons.


Nous arrivons de nuit à Puno.


Arriver de nuit dans une ville que je ne connais pas n'est pas trop ma tasse de thé je vous avouerai. Pas de points de repères, visibilité moindre, point de vue sécurité personnelle aussi, je dois monter d'un cran mon attention dans les stations d'autobus sans pour autant paranoïer. Et franchement, comme je vous l'ai déjà dit, ici je n'ai jamais senti une malveillance particulière à mon égard. Peut-être aussi justement parce que je fais deux têtes de plus que la plupart des gens ici.


J'arrive à Puno donc, une ville à flan de colline avec rues en pente convergeant toutes vers le lac Titicaca.


A peine descendue du bus, je ressens le changement de température. Pluie, vent, froid. Brrrrr...


J'avais dans la tête d'aller dans une pension hors du centre ville, mais je décide d'aller jusqu'au centre ville pour trouver de quoi me sustanter. Dans la rue piétonne principale. Je déambule dans la rue principale où une horde d'ados et d'enfants s'envoient bombes à eau, confettis et mousse en spray. C'est la coutume dans tout le pays en février comme je vous l'ai déjà mentionné avant.(Pour ceux qui suivent!!).


Ma chambre est basique de chez basique. Pas chère. Mais j'aurais dormi dans une chambre froide ça aurait été pareil!!! J'ai dormi vêtue de trois pulls, mon bonnet péruvien, chaussettes épaisses... Dans mon duvet et trois couvertures!! Moi qui vit au Québec !! Cherchez l'erreur...


Puno, lundi 15 février 2010.

Je me dirige vers le port. J'avais un  rendez-vous de longue date avec le lac Titicaca!!!

Et par la même occasion, je me renseigne pour prendre un bateau pour les îles Uros, Amantani, ou Taquile en allant parler directement aux capitaines des bateaux.

Les îles Uros j'avais entendu dire que c'était le coin le plus touristique... J'ai quand même décidé d'aller voir et de juger par mes propres yeux...

Je prends le bateau. Je vogue sur le lac Titicaca. Mythique! Le ciel est bleu, le fond de l'air est frais mais il fait beau. Je me sens bien.

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J'arrive aux îles Uros. ´´Et là...c'est le drame..´´ Nous voilà accueuillis façon ''club de vacances tout inclu'', les femmes toutes alignées sur la berge de la petite île nous saluent en chantant.
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J'ose à peine descendre du bateau. Je sens le piège à touristes à plein nez !! Mais une dame de l'île  vient vers moi, me tend la main en me disant ''Kamisaraki'' ( bienvenue) dans un sourire  pour que je descende du bateau . J'accepte l'invitation par politesse...

Les îles Uros sont un regroupement de petites îles dont le sol est jonché de roseaux ( Qu'on appelle Totora) .

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Tout est très bien organisé, orchestré et réglé comme du papier à musique. D'abord, ils invitent les visiteurs à s'assoir sur un grand fagôt de totora, là un guide local explique comment les ìles son faites. Moi pendant ce temps là, je fais le tour de la mini île pour  faire la visite par moi-même et aller rencontrer les gens. Impossible, les îles ne communiquent entre elles que par bateau. Ô déception!

Ensuite les jeunes femmes et vieilles dames invitent les visiteurs à acheter les quelques objets d'artisanat sur des stands symétriquement disposés en arc de cercle.

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J'observe. Je me sens intruse et honteuse de faire partie de ce tourisme de masse qui corrompt leur authenticité. Certes comme il le disent, ils ont besoin  des touristes pour vendre leur artisanat.

Il parait qu'il y a à peu près 70 bateaux qui partent tous les jours pour les îles en hiver. Une vraie usine à touristes!

Certes le paysage est sublime. Et c'est un site vraiment particulier, des îles flottantes millénaires en roseaux, habitées par les descendants des Tiahuanacos, parlant quechua, vêtus de couleurs incroyables , c'est pas quelque chose que l'on peut voir tous les jours malheureusement je n'ai pas su ou pu apprécié dans sa totalité la beauté du site étant spectatrice du drame culturel qui se déroulait sous mes yeux.

Ce genre de situation je le vis toujours mal. Détester ce genre de tourisme qui en même temps leur apporte de quoi subvenir à leurs besoins alimentaires et matériels. Il y a toujours cette fameuse ambivalence quand il s'agit de tourisme.


Après la vente d'artisanat, ils invitent les visiteurs à monter sur le bateau fait exclusivement de totora pour 5 soles ( environ 1 euro ).
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Je n'ai pas non plus voulu participer à ça. J'étais bien trop émotive à ce moment là. j'avais envie de partir et je me sentais de plus en plus nauséeuse à voir ce spectacle qui ne rejoint pas du tout ma façon de découvrir une culture.

Je voyais les autres touristes appeler  les petites filles costumées comme on appelle un chien pour prendre la photo avec elles en échange d'une pièce encourageant ainsi la mendicité.

Mon attention était toute particulière pour une petite fille qui se fait rejeter par ses frères insulaires ( Parce qu'elle est moins présentable sans doute !), a contrario des femmes des îles qui ont de longues tresses de cheveux noirs au bout desquelles elles portent des pompons colorés, des habits de couleurs vives, cette petite fille là arrive en barque, cheveux détachés, non peignés, visage sale, pieds nus, vêtue de loques de couleurs passées. Elle se dirigeait en ramant toute seule vers notre bateau pour mendier. Là, certains touristes lui ont lancé des paquets de bonbons comme on lancerait des cacahuètes à un singe en échange d'une photo. Le mal de coeur me reprend de plus bel.

Là-dessus, ceux qui ont voulu monter dans le bateau en totora pour se rendre à une autre île ont eu le droit à un show des femmes Uros. Elles se sont alignées, ont chanté un chant Quechua et ont enchaîné sur '' Vamos à la playa oh oh oh oh oh'', et ont salué de la main en disant '' Hasta la vista babe''!! Pour moi, ce fût le coup de grâce.


Deuxieme île. Je ne suis même pas descendue du bateau. J'observais encore cette petite fille, qui a ramé jusqu'à nous de la première île à la deuxième. Elle faisait le tour des touristes en quémendant quelques soles ou de la nourriture. Sur la deuxième île, il y avait un petit restaurant. Elle a essayé de rentrer et s'est faite chasser du restaurant par les insulaires pour ne pas déranger les touristes.

La chose vraiment jolie que je retiens des îles c'est ce moment où une petite touriste jouait avec la petite fille en question, sans histoires de jugement, d'argent, ni de différences. C´est la seule chose vraiment authentique que j'ai pu observer là-bas. Il y a de l'espoir...

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 L'authenticité n'est pas toujours là où on l'attend. Et ça aussi, c'est une grande question existentielle pour moi. Repenser la notion d'authenticité qui est en fait du cas par cas, de rencontres que ce soit en occident ou dans les pays du tiers-monde et pas forcément d'un point de vue géographique exclusivement dans un endroit exotique avec de beaux costumes colorés et des habitations en roseaux par exemple.

Il est vrai que c'est aussi ça la réalité du pays. Je me suis prise pour le coup, une énorme claque...!!! Apprentie humaine que je suis.


Mardi 16 février 2010.

Puno, Lac Titicaca.


Remise de mes émotions, je décide d'avancer, de ne pas rester sur une déception et ça commence par changer de pension parce que j'ai encore passé la nuit dans un frigo.


J'arrive donc dans une autre pension, plus proche du port. Gens de la pension plus sympathiques, chambres plus chaleureuses que mon toit en taule branlant sous les bourrasques de vent nocturne!


Des fois, en voyage il ne faut pas être mazochiste non plus, tout va mieux avec ne serait-ce qu'un petit changement de milieu, un détail insignifiant, un peu plus de confort fait du bien au moral. Et on peut dire que ma journée de la veille m'avait bien cassé le moral. Donc on efface tout et on recommence ou plutôt... On avance!


Je me renseigne auprès du garçon de la pension sur ce que je pourrais visiter de beaucoup moins touristique et de plus authentique. On me parle de l'île d'Amantani où l'on peut loger chez les insulaires. Un endroit plus sauvage. A priori...Ca me parle beaucoup plus!!


Mais avant de partir pour Amantani, je décide d'aller grimper en haut des collines de Puno jusqu'au mirador du condor d'où l'on peut voir toute la ville.


Je peux vous dire qu'à 4000 mètres avec une montée à pic, ça vous calme pour le reste de la journée niveau effort physique!!! Le manque d'oxygène se fait sentir. Mais la vue en vaut tellement la peine, on y voit tout Puno et l'eau du lac Titicaca qui reflète un grand ciel bleu.

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Je redescends par un petit chemin de campagne où la route n'est pas une route mais une piste de gravas, de terre et de poussière. A priori, les gens de ce quartier de Puno ne sont pas habitués à voir des étrangers randonneurs . Les enfants viennent me parler, échangent quelques passes de foot (soccer pour les québécois!) avec moi et me demandent d'où je viens, si je me suis perdue, ils m'indiquent ce que je peux aller voir aussi, me souhaitent bonne chance sur mon chemin. Ca, ca met de bonne humeur pour le reste de la journée!


De retour dans la ville, je fais donc des courses pour mon séjour sur l'île. Pas pour moi. Mais pour les gens qui auront l'amabilité de me recevoir chez eux. Des crayons de couleurs et feuilles pour les enfants, du riz et des fruits pour la famille.


Je reviens ensuite à la pension où je rencontre de nouveau un couple de français rencontrés à Arequipa quelques jours plus tôt qui eux reviennent des îles. Lise me donne très gentiment un nom , une personne que je dois trouver quand j'irai à Amantani, une personne qu'elle a trouvé adorable. Ca me tombe tout cuit dans la bouche , je le prends!!!

Je partirai donc à la recherche sur l'île Amantani d'une certaine Serafina et de sa fille Ayleene.


Amantani, jeudi 18 février 2010.


Levée à 6 heures du matin. Direction le port de Puno et plus exactement donc l'île d'Amantani où j'ai très hâte d'arriver.

Je prends un bateau de la communauté d'Amantani. Il est bien sûr hors de question pour moi de passer par une agence qui s'en met plein les poches et ne donne quasiment rien aux insulaires.

Un arrêt à Uros d'une demie heure. Quelle mauvaise blague! Ahah!


Une femme a tenu à me faire goûter du totora ( oui parce que ça se mange aussi) ce qui est plutôt fade au goût. Puis 3 heures de bateau jusqu'à Amantani. (Oui le lac Titicaca c'est grand!!!Environ 200kms de long sur  environ 65 kms de large. Et c'est aussi pour information le lac navigable le plus haut du monde.)

Donc une fois arrivée à Amantani,  je cherche la fameuse Serafina et sa fille Ayleen. Manque de chance, elle n'est pas à Amantani mais à Puno. Pas grave. C'est sa nièce qui vient me chercher, Tania...Enfin quand je dis venir me chercher,je dirai plutôt me traîner jusqu'à chez elle, il a fallu que je monte avec tout mon équipement sur la colline et je peux vous dire que j'ai cru mourir tellement je manquais d'air !!! J'ai du mal à la suivre, ça me donne même des hauts de coeur tellement la montée avec si peu d'oxygène est brutale pour mes poumons qui cherchent de l'air désespérément . Pour vous donner une idée c'est comme si on avait des points de côtés dans tout l'abdomen et on a l'impression qu'on va vomir tellement c'est intense. Surtout pour moi qui ne suis pas une grande sportive. Durant la montée, le capitaine du bateau montait et descendait en courant, riant de moi. les petites vieilles de l'île portant lourdes charges sur leur dos dans leur Lyiglia me dépassaient un sourire au coin des lèvres. Si j'étais pas si heureuse et motivée d'être là il me semble que je me serai sentie insultée ;-)
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Je suis la seule étrangère chez Irma ( la mère de Tania), Tania et Nando son petit frère. Quel bonheur! Je vais pouvoir partager beaucoup plus.

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J'apprends que Tania parle davantage l'espagnol castillan que le quechua. Il faut comprendre là-dedans que c'est une langue qui va sûrement s'éteindre dans peu de temps. Hélàs.


J'apprends aussi que tous les jours elle met une heure à pieds pour se rendre à l'école. Tout se fait à pieds ici, il n'y a ni route, ni engins motorisés.


Pour ce qui est de l'électricité ce sont des panneaux solaires qui leur donne un peu d'électricité le soir pour les éclairer. Aucune prise électrique. Aucun appareil électronique.


Amantani, c'est deux grandes collines qu'ils appellent Pachatata et Pachamama ( référence à ''ma mère la terre'') . Dix communautés et un village au centre de l'île.


Tous les 15 janvier , les habitants d' Amantani montent sur la colline Pachamama pour lui faire des offrandes en enterrant divers denrées afin d'amener dans leur vie et leur foyer bonne fortune, bonnes récoltes etc... la langue parlée ici est le quechua mais l'espagnol se comprend. On ne vit que de la vente d'artisanat et de l'acceuil des quelques touristes qui ne rechignent pas sur le confort.


Les femmes tissent , surtout en hiver ( qui est notre été dans l'hémisphère nord), car l'été à cause des pluies, de l'humidité dans l'air la laine est plus difficile à travailler. Un lyiglia prend 2 mois à être tissé!!! Ce qui me fait regarder d'un oeil différent l'artisanat péruvien et me fait réaliser combien c'est un travail minutieux, sous-payé, qui prend beaucoup de temps. Ce qui fait aussi et ce depuis quelques voyages, que je ne négocie plus trop les prix.


Les hommes, quant à eux, s'occupent de l'agriculture et de tout ce qui est maçonnerie. Et quand je dis maçonnerie, là aussi c'est très traditionnel, de la terre séchée avec de la paille recouverte d'une sorte de plâtre à l'intérieur des maisons (quand ils ont le budget pour faire une pièce).

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La mère de Tania, me fait à manger accroupie devant un petit poêlon posé par terre sur quelques braises, un chat est assis à côté d'elle sur la terre. Les murs l'entourant sont faits de terre et de paille également. Quelques plats de terre cuite, du papier journal ci et là, pas de rangements pour les ustensiles de cuisine, une table et 4 chaises étant le seul mobilier de la maison. Une bassine pour faire la vaisselle juste en rinçant dans l'eau. La nourriture est essentiellement du riz, des pommes de terre, du pain , des pâtes, de la soupe de Quinoa avec quelques légumes accompagnés de thé avec des herbes qu'ils ramassent dans la nature.

Pour ce qui est de la deuxième pièce principale, c´est  une chambre comportant deux lits.En effet, ils dorment tous ensemble dans la même pièce.

Irma me montre comment elle tisse un bonnet Péruvien. Trois aiguilles une pelotte de laine d'alpaga et beaucoup BEAUCOUP de savoir faire, qui se transmet de mère en fille depuis des millénaires. Impressionnant.  Laine d´alpaga qu´elle doit aller acheter chaque semaine à Juliaca qui n´est pas la porte à côté.

Ici , les gens portent de lourdes charges sur leur dos, montent et descendent du matériel à longueur de journée, ils n'ont pas de dimanche, ils travaillent fort. Irma se lève à 5 heures du matin tous les jours et se couche tôt après une longue journée de travail qui consiste à tisser ou s'occuper des plantes qu'elle fait pousser en avant de chez elle. Les enfants aident les parents pour les tâches quotidiennes en plus d'aller à l'école pour ceux qui ont la chance d'y aller.
 

Irma nous laisse car elle va répéter des danses traditionnelles pour le carnaval d'amantani qui a lieu demain.


Tania m'emmène au pied du Pachatata. Je grimpe, non sans mal! Mais du haut du Pachatata, j'observe un paysage majestueux sur le gigantesque lac titicaca et une cordillère enneigée à l'horizon.

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Un orage arrive, je dois redescencre. 
Je me perds.Je demande aux gens du village de m'indiquer la maison d'irma. Ils se connaissent tous sur l'île donc ça ne devrait pas être trop difficile. j'aperçois 100 mètres plus loin, Tania qui me fait des signes pour me rappatrier chez elle. Ca tombe bien car la tempête se lève. Pluie diluvienne toute la soirée.
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Nous mangeons dans le noir avec une lampe frontale dans une pièce sans chauffage où les fenêtres sont calfeutrées avec du carton.


On arrive à se comprendre, à se faire des blagues que l'on rit avec pudeur. Des gestes affectueux, des sourires, des mots simples, des regards, en toute simplicité.


Je dessine avec les enfants Tania et Nando , je leur fais écouter de la musique. Des petits bonheurs simples.

Je vais me coucher avec la tête remplie de beaux échanges sur fond de mélancolie. Leur mode de vie me ramène à l'essentiel. En partageant un peu le quotidien de ces gens du bout du monde que je ne reverrai peut-être jamais, qui n'ont rien, à qui on a envie de tout donner, et qui à leur façon, m'ont beaucoup donné.

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Puno, samedi 20 février 2010.


Je dis au revoir à la famille d'Irma. Je reprends le bateau. Prochaine étape île de Taquile. Plus touristique. Encore une montée à travers cultures en terrasses, troupeaux de moutons.

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Dans  le village, des danses et musiques traditionnelles.

Nous redescendons par des marches incas de l'autre côté de l'île.

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Retour à Puno. 3 heures de bateau, sous le soleil qui est très très fort ici. J'ai même pris un coup de soleil sur le haut du crâne quant à mon nez je ne vous en parle pas!!!


Je pars pour Copacabana. Une ville au bord du lac Titicaca mais côté Bolivien.


'' Au revoir...A bientôt'' ;-)


Émilie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Par laviedeboem
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